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dimanche 29 août 2021

Été Covid (bis), en camion dans la fournaise sicilienne... (1/3)




Avertissement : A la lecture de ce récit, vous rencontrerez souvent le mot « chaleur ». Oui, nous avons eu chaud, très chaud. Cette chaleur s'est invitée quotidiennement, et a influencé, modulé, dressé les contours de ce voyage. Sans elle, le voyage aurait été différent.

Ce voyage improvisé au jour le jour, au gré des envies, nous amène en Sicile, après avoir traversé l'Italie. Vous y découvrirez des villes, des villages, des ruines et bien sûr, des volcans. Buvez un grand verre d'eau fraîche, bienvenue dans la fournaise Sicilienne...

19/07/2021 Jour : 494 km Total : 494 km

Départ de Vendée après quelques jours de vacances.

La bonde de l'évier est cassée, l'eau inonde les placards. Arrêt à La Roche sur Yon pour une réparation rapide.

Près de 500 kilomètres parcourus hors autoroute au travers des paysages du Limousin, de la Creuse et du Puy de Dôme.

Arrêt pour la nuit sur un petit parking en pleine nature au pied des volcans auvergnats.


Coup de téléphone de Franck à qui nous avons donné rendez-vous le 22 à Rome afin de faire un bout de route ensemble. L'un de ses enfants a une phobie incontrôlable, il refuse de se faire tester (test antigénique obligatoire pour passer en Italie)... Ils ne passeront pas la frontière.

20/07/2021 Jour : 472 km Total : 966 km

Nous empruntons cette fois-ci l'autoroute, ayant trop abusé du charme des routes départementales et fonçons vers le Lac d'Aiguebelette, à quelques kilomètres de Chambéry où nous avons rendez-vous pour faire tester les enfants à 17h20.

La baignade nous permet de nous détendre et de nous laver.

 

A 18h00, nous prenons la direction de la frontière avec nos tests négatifs en poche.

L'Italie est atteinte sans encombre et sans contrôle. A Susa, j'ai repéré un grand parking pour passer la nuit. La fête foraine qui y est installée ouvre dans quelques minutes. Nous quittons les lieux avec empressement et arrivons, peu avant que le nuit ne tombe sur le même petit parking que l'année dernière, au milieu des vignes.

Emile retrouve à notre grand étonnement les « peintures rupestres » qu'ils avait peintes un an auparavant.

 

21/07/2021 Jour : 485 km Total : 1451 km

La batterie cellule est HS. Plus d’électricité, plus de frigidaire.

A Milan, nous faisons deux magasins. Trop chères.

A Bologne, nous trouvons notre bonheur.

Il fait déjà une chaleur accablante. Les arbres d'une petite école de village de montagne nous permettent de déjeuner à l'ombre. Le village est désert, nous ne croisons personne, tous sont à la sieste, cachés derrière les volets clos.


Le Lac de Barberino, à 20 kilomètres au nord de Florence nous permet de nous rafraîchir. Une bière, une baignade, un transat.

  

Je ne trouve pas de parking satisfaisant pour passer la nuit, nous finissons donc sur un parking poids-lourds à l'entrée de Florence, pas si mal, faute de mieux...



22/07/2021 Jour : 268 km Total : 1733 km


Jusqu'à Rome, c'est la fournaise sur l'autoroute. 40°c, soleil de face, pas de climatisation...

Souhaitant visiter la capitale italienne, nous rejoignons un petit camping en périphérie de la ville.

Cigales et piscine sont au programme de l'après-midi.

23/07/2021 Jour : 0 km Total 1733 km

Navette pour la gare, puis train, puis bus car les voies sont en travaux, enfin le métro pour rejoindre le Vatican, la place Saint Pierre plus précisément.

Je suis venu ici lors d'un voyage scolaire en classe de cinquième. En ces temps de Covid, aucune attente, les touristes sont rares dans ce lieu de pèlerinage pour les catholiques du Monde.

Depuis quelques années, il n'est plus permis de toucher ou de baiser le pied de la statue de Saint Pierre présente dans la basilique du même nom. Censé porter bonheur, le geste est désormais proscrit. Le Covid n'y est pour rien, le pied droit risquait tout simplement de disparaître, à force d'être caressé, usé...

Gigantesque, étourdissant, luxueux...



















Près de 40°c. Les touristes, peu nombreux sont téméraires, ils sont récompensés par une visite sans la foule. Nous en faisons partie. Première pizza avalée et visite du Colisée.

 

Construit entre 70 et 80, ce monument emblématique de l'Antiquité et de l'Empire Romain est toujours debout. Pouvant accueillir 50 000 spectateurs, il donnait lieu à des spectacles, des combats et des mises à mort. 




Graffitis romains retrouvés dans les tribunes



Les garçons sont ébahis.

Mont Palatin, forum romain. L'histoire est partout, à chaque coin de rue, l’œil est sans cesse attiré par une colonne, un porche, une fenêtre, un détail.

Je me plante un peu pour trouver l'entrée du forum. 1,5 km de détour sous ce soleil de plomb, je m'attire les foudres de la famille (1.5 km x 40°c = 60 d'indice de colère ?)

 











A pied, nous rejoignons la fontaine de Trévi. Construite au 18 ème siècle et de style baroque, la fontaine est l'une des plus célèbres du monde. La coutume est d'y jeter une pièce de la main droite, dos au bassin afin de revenir un jour et de, peut-être, retrouver son argent. Les garçons pensent déjà à s'enrichir... On les tient à distance du bassin, on ne sait jamais.


Dans les faits, le bassin est vidé tous les jours, et près de 2000 euros y sont ramassés quotidiennement sous surveillance policière. Le butin est reversé à une association caritative...

Nous rejoignons à pied la Villa Borghese où nous sautons dans un bus.



 

Le train nous ramène à Porta où nous attendons la navette près d'une heure. La chaleur est toujours intense malgré l'heure tardive, le vent soulève des spirales de poussière et de déchets, les hommes s'abritent à l'ombre, assis sur des murets crasseux... Le Far West italien.

24/07/2021 Jour : 173 km Total : 1906 km

Arrivés à Sperlonga, sur la côte, beaucoup de monde. Les italiens sont en vacances et s'agglutinent sur les plages pour se rafraîchir. Les parkings, nombreux et payants, nous refusent les uns après les autres. Certains sont transformés en campings sordides où chaque mètre carré est exploité.

Il fait encore très chaud et, malgré mon optimisme inébranlable, je sens que le reste de la famille traîne la patte. Nous avons parcouru près de 2000 kilomètres depuis notre départ et la journée de vadrouille à Rome a laissé des traces.

Laissant ma femme et les enfants déguster une glace, je pars seul à l'assaut des ruelles et des marches de la vieille ville. Un labyrinthe tout en montées et en descentes que je parcours à mon rythme.

 
















Nous reprenons la route et trouvons un petit parking en terre situé à 800 mètres d'altitude qui nous permet d'avoir un peu de fraîcheur...



25/07/2021 Jour : 257 km Total : 2063 km

Route pour Naples. 

Encore une fois, difficile de trouver où se garer. Les parkings sont souvent complets et n'acceptent pas les camping-cars. Je me faufile dans la ville, craignant parfois de rester coincé sous un balcon ou dans une ruelle un peu trop étroite...

La circulation est étonnante. Klaxons, scooters, intersections, il faut-être constamment sur ses gardes et savoir s'imposer si l'on souhaite avancer.

Finalement, je trouve une place en bord de mer dans une baie située au nord de Naples. Nous marchons une dizaine de kilomètres.





Le quartier espagnol est fascinant. Des ruelles perpendiculaires, étroites et bordées par des bâtiments très hauts. Des ruelles à l'ombre qui permettent au vent de s'engouffrer pour rafraîchir les riverains et sécher leur linge avec efficacité. 

 



















Au moment de récupérer le camion, la rue principale est bloquée par la police et les militaires. Un corps est repêché dans la mer, celui d'un jeune homme habillé qui flottait sur un matelas pneumatique. Peut-être un migrant.

A une heure de route, se trouve un camping en bord de mer. Anne-Gaëlle veut se reposer quelques jours.

Pour y accéder, des tunnels. La voie opposée est embouteillée. Les motos et scooters circulent donc sur la voie en sens inverse. Certains ne sont pas éclairés et je dois me serrer à droite pour ne pas les percuter mais veiller à ne pas frotter la paroi arrondie du tunnel (hauteur de 2,80 m).

Nous arrivons au camping. Pas d'ombre, bondé. Déçue, le moral chute...

26/07/2021 Jour : 80 km Total : 2143 km

Route pour le Vésuve, le célèbre volcan qui domine la baie de Naples.

La route s'élève de façon assez abrupte. Après une dizaine de kilomètres, nous sommes assez proches du cratère. La police municipale nous arrête et nous demande si nous avons les tickets pour y accéder.

Nous ne les avons pas.

La policière nous indique qu'il faut les prendre en ligne mais qu'ici, il n'y a pas de connexion. Il nous faut donc redescendre quelques kilomètres, acheter les billets et payer le parking en ligne, revenir se garer, attendre et payer une navette pour pouvoir accéder au cratère.

Désabusés, nous redescendons et parvenons à un petit parking où une dizaine de touristes essaie désespérément de capter une quelconque connexion. J'y parviens à mon tour. Prochain créneau disponible : 15h10. Il est 10 h15. 50 euros et 5 heures d'attente sur un parking, non merci... Une photo de la baie de Naples, quelques roches volcaniques ramassées et nous retrouvons la chaleur de la vallée.

 

Nous filons à Pompéi. 

Pompéi est cette célèbre cité ensevelie par les cendres lors de l'éruption cataclysmique du Vésuve en 79 après Jésus-Christ.

La quantité de sédiments a permis de protéger la ville des pillages et des épreuves du temps. Ainsi, certains bâtiments sont remarquablement conservés et de nombreux objets y ont été retrouvés.

Encore plus étonnant, on peut y apercevoir les moulages des corps des habitants qui se sont fait surprendre lors de l'éruption. En effet, des hommes, des femmes et des enfants ont été ensevelis par les cendres. Les scientifiques, dès le 19 ème siècle, on versé du plâtre liquide dans les cavités où reposaient les corps en décomposition. Les moulages ainsi obtenus laissent apparaître le mouvement, la posture et même l'attitude de ces personnes pétrifiées.

 








































Ce site historique et archéologique immense est touchant. Le Vésuve est toujours là. On se projette, on se figure, on imagine les habitants dans leur maison, faisant leurs achats dans la rue commerçante ou traversant les chaussées sur les passages piétons (de grosses pierres permettant de franchir les voies d'eau). On comprend aussi l'ampleur de la catastrophe. Terrifiante éruption qui a figé cette cité et ses habitants pendant des milliers d'années...

J'emmène les enfants à la plage. La plage est privée, payante et pourvue d'animations en tous genres (piscine, musique, danse...). Absolument pas ma tasse de thé mais comme nous sommes arrivés eu bord de l'eau par hasard et sans débourser un centime, nous y restons pour profiter d'une bonne baignade. Je n'insiste pas auprès des enfants sur la nécessité d'être discrets, c'est peine perdue... Je rentre juste la tête entre mes épaules pour me faire un peu plus petit.

 


Le soir, nous nous promenons sur le port en discutant du programme des jours suivants.






Objectif : éviter la foule, trouver des lieux de baignade, visiter de jolis endroits... Mission impossible ?

Ce qui est certain, c'est qu'il va falloir fréquenter davantage les campings. Nous avons besoin de brancher le camion pour utiliser le ventilateur et nous devrons dormir portes et fenêtres ouvertes, ce que nous ne pouvons pas faire sur un parking public. Dommage, j'aime bien dormir en sauvage. Notre budget va exploser...

27/07/2021 Jour : 400 km Total : 2543 km

La température dépasse 40 °c. Pas un mot dans le camion, nous roulons toutes fenêtres ouvertes et nous suons à grosses gouttes. Nous n'avons que de l'eau chaude à boire, le moindre arrêt est difficile à supporter.

Un petit parking en bas de la ville fortifiée de Pizzo nous tend les bras. 

Les critères sont respectés: une plage et un parking gratuits, une douche, pas trop de monde. En prime, un glacier artisanal nous fait de l’œil...

 



Nous passons la fin d'après-midi dans l'eau.

La chaleur est folle. Alors qu'il fait déjà nuit, le moindre fait d'installer le lit pour la nuit me met en eau. Pas un souffle de vent.

Nous nous promenons sur le port en attendant un peu d'air.

 


Nous nous couchons, fenêtres et porte ouverte mais le camion ne se refroidit pas. Tel un minéral, il absorbe la chaleur de la journée et la restitue une fois la nuit tombée. A l'intérieur des placards, c'est la fournaise, la chaleur rayonne, irradie. J'avais stocké une cinquantaine de bières dans le coffre. La chaleur les a fait tourner, elles sont imbuvables...

Les enfants s'endorment, nous sombrons d'épuisement vers 3h00 du matin.

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