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mardi 2 juin 2020

Enfin libres ! Entre rivières, fleuves et canaux, à vélo au fil de l'eau...

La période de strict confinement est derrière nous. Un rayon de 100 kilomètres pour explorer, les longues sorties à vélo de nouveau autorisées, un lundi de Pentecôte qui nous offre un week-end prolongé... Il n'en fallait pas plus pour fêter à notre façon ce déconfinement ensoleillé. Avec Franckie, et Olivier, nous avons pédalé, campé et nagé, rejoins tous les soirs par JP et ses enfants pour dîner et festoyer.
Récit de trois jours, 310 km à vélo, au fil de la Seine, du Loing, du canal du Loing, du canal d'Orléans, de la Loire et de l'Essonne. Un manifeste pour la liberté...

30/05/2020    Jour: 105 km

Départ de Corbeil-Essonnes, le long de la Seine.



Cette route, du moins sur les 40 premiers kilomètres, nous est très familière. Nous l'empruntons fréquemment lors de nos sorties dominicales. Aujourd'hui, c'est différent.
Nos vélos sont chargés de tout le matériel de camping nécessaire pour passer des nuits sauvages au bord de l'eau. Aucune contrainte de temps, ce soir, personne ne nous attend. L'objectif est de rester au plus près des fleuves, rivières et canaux que nous allons longer.
Les cinquante premiers kilomètres se font donc en bord de Seine. Nous suivons ses boucles avec minutie sur des pistes et chemins aménagés, au cœur d'un décor sauvage et dépaysant.





A Champagne sur Seine, nous quittons le fleuve et rejoignons le Loing à Saint Mammès. C'est ici que la rivière se jette dans la Seine.
A Morêt sur Loing, pause déjeuner au pied du pont de pierre après 57 kilomètres parcourus.



Les stigmates du confinement sont encore visibles: de la rubalise interdit l'accès aux berges. Stigmates ou héritage d'une histoire récente car l'interdiction n'est plus respectée. Le soleil et l'insouciance nous propulsent déjà dans le monde d'après.

Une jolie piste cyclable relie Morêt-sur-Loing à Montargis en longeant le canal du Loing. Nous la parcourons à vive allure, ce qui n'empêche pas Olivier de saluer tous les promeneurs et autres passants que nous croisons... Il va sans dire que nous adressons toutes nos excuses à tous les promeneurs qui se seraient sentis heurtés ou agressés par ces "bonjours" énergiques.



Pause café à Nemours. Bien que les bars et restaurants soient encore fermés (ils rouvrent le 2 juin), nous pouvons nous requinquer avec un café infâme à emporter.



Il est temps de réfléchir à un lieu pour dormir. Les campings étant encore fermés, c'est dans la nature que nous devons trouver le spot idéal répondant à des critères indispensables: un lieu au calme, plat, au bord de l'eau où la baignade est possible, qui puisse accueillir JP et son fourgon (il est prévu qu'il nous rejoigne avec ses enfants).

Nous ouvrons grand les yeux, pleins d'espoir. Déjà, JP est dans les environs, il attend les instructions pour nous rejoindre.  Nous sommes désormais en zone verte, il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant !

A Nargis, un petit parking, des tables et bancs, une belle surface herbeuse ombragée et un ponton nous tendent les bras.


Je ne suis pas très enthousiaste pour me baigner dans le canal, j'avais plutôt imaginé piquer une tête dans une rivière, une vraie, une rivière à l'eau limpide et vive.

Nous pédalons à nouveau quelques kilomètres pour trouver le graal, en vain. Force est de constater, de retour à Nargis, que ce petit coin de paradis et le lieu idéal, il rassemble tous nos critères et plus encore. 

Nous sommes sur la piste cyclable Eurovélo 3, un itinéraire nommé la Scandibérique qui relie Trondheim en Norvège à Saint Jacques de Compostelle en Espagne sur quelques milliers de kilomètres.

L'heure est à la baignade, un décrassage n'est pas du luxe.






Quelques courses dans une petite épicerie du fond des âges. L'épicier enlève l'étiquette indiquant la date limite du camembert, il est périmé depuis longtemps... S'en suivent une petite promenade et un apéro dinatoire (JP a prévu un sacré ravitaillement...). Le bonheur n'est pas loin. Les moustiques font leur festin.

31/05/2020    Jour: 92 km  Total: 197 km

Départ matinal le long du canal du Loing. La piste est magnifique, tantôt stabilisée, tantôt asphaltée.



Les premiers bâtiments annoncent la ville de Montargis. Nous rencontrons deux cyclistes retraités et électriques qui nous confirment ce que Franckie pressentait, nous avons manqué la bifurcation avec le Canal d'Orléans. 
Demi-tour en leur compagnie. Ils nous invitent à planter notre tente dans leur jardin pour la nuit. Nous déclinons, nous avons encore de la route à faire.

La piste qui borde le Canal d'Orléans est une single, c'est à dire qu'elle fait une trentaine de centimètres de large et ne permet pas à deux cyclistes de se croiser. Une piste idéale pour se promener nonchalamment à 15 km/h. Évidemment, c'est à fond que nous parcourons les 25 km qui nous séparent de Chailly en Gâtinais. Tout écart et c'est la chute dans le canal.


Nous quittons la piste à Chailly car nous voulons rejoindre la Loire à Sully-sur Loire.
La route est rectiligne, le vent est fort et nous pousse vigoureusement. Avec nos vélos chargés, nous sommes des motos lancées à plus de 35 km/h pendant une vingtaine de kilomètres.

Les bancs de sable de la Loire et le château de Sully, kilomètre 64, nous offrent un formidable dépaysement. Nous déjeunons allongés dans l'herbe, cuisant au soleil.




Nous reprenons la route et empruntons la célèbre piste cyclable de la Loire à vélo. Merveilleux itinéraire surplombant le fleuve ou traversant les petits villages.



A Saint Benoit-sur-Loire, après 74 km parcourus, nous faisons une pause dans un lieu idyllique, qui, malgré le peu de kilomètres parcourus aujourd'hui, nous impose d'envisager le bivouac.
Plage de sable, toilettes, eau courante, grand parking pour JP... Rien ne nous pourrait nous empêcher d'y passer la nuit, si ce n'est ce panneau annonçant "camping interdit".



Renseignement pris, les gendarmes délogent régulièrement les contrevenants, nous reprenons la route légèrement dépités...


Aucun lieu adapté au bivouac avant d'avoir gagné Châteauneuf-sur-Loire.



Dans cette jolie bourgade, deux options.
La première, dans l'allée ombragée menant au camping fermé pour cause d'épidémie. L'endroit est sauvage, la plage est admirable. Je demande poliment à la réceptionniste du camping. C'est un refus ferme, l'allée leur appartient. Elle nous propose de planter la tente sur la plage, dans le lit de la Loire. Franckie, à juste titre, argumente qu'en cas de crue ou de lâcher d'eau, nous mourrons noyés.

Nous traversons la Loire pour explorer la rive droite.



Un parc, une promenade en bord de Loire, des tables pour pique-niquer...
Cette fois-ci, c'est moi qui ne suis pas séduit par le lieu. Je crains que nous nous fassions déloger en pleine nuit par les gendarmes.
Un type à qui on a prêté une pompe nous propose son jardin pour passer la nuit. Sa femme n'est visiblement pas de cet avis...

Nous retournons rive gauche, retrouvons avec joie JP et ses enfants pour profiter de cette fameuse plage. Étant bien plus adeptes de baignades que de noyades, nous retournerons rive droite pour bivouaquer.


Quelques courses et un apéro dinatoire et joyeux plus tard, les derniers promeneurs quittent les lieux, nos tentes sont plantées face à la Loire...


01/06/2020   Jour: 113 km   Total: 310 km

Objectif de la journée: retourner à Corbeil-Essonnes pour clôturer notre périple.

Le vent, moins fort que la veille, souffle néanmoins de face. Franckie n'est pas très vaillant par moments mais il gère sa fatigue avec précision !

Forêt d'Orléans, grandes plaines balayées par le vent et villages déserts jusqu'à Malesherbes. Pause salvatrice et méritée. 



Nous reprenons la route en longeant l'Essonne, que nous suivrons de près ou de loin jusqu'à Corbeil-Essonnes.

A la Ferté Alais, nous retrouvons une circulation dense que nous avions oubliée, pas de doute, nous sommes de retour en banlieue.

Arrivée vers 15h00 après 113 km vent de face. Trois jours hors du temps et 310 km parcourus dans une parenthèse enchantée, vive la liberté retrouvée !



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