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dimanche 29 août 2021

Eté Covid (bis), en camion dans la fournaise... (2/3)


 Lire précédemment (Italie)

28/07/2021 Jour : 165 km Total : 2708 km

Aujourd'hui, nous entrons en Sicile. Il nous reste environ 100 km à parcourir pour atteindre le ferry. La chaleur nous inquiète, aujourd'hui il fait encore près de 40 °c.

Le ferry est en partie vide, la zone d'attente des véhicules est déserte. Après une trentaine de kilomètres de navigation, nous posons pneu sur la grande île italienne.

 



 
Nous trouvons un charmant camping en bord de mer. Nous installons notre campement face à l'Etna, sous les cocotiers.

 

L'Etna culmine à 3357 mètres, c'est un des volcans les plus actifs au monde. J'espère secrètement assister à une éruption.

Nous déjeunons donc dans un décor idyllique. Le repas n'est pas terminé qu'une formidable détonation se fait entendre. Immédiatement, je braque les yeux sur le cratère de l'Etna. Un panache de fumée s'élève à près de 6 kilomètres d'altitude ! Ma femme me somme d'évacuer, je tempère quelque peu, je n'ai pas fini mon assiette !

 


Nous passons le reste de l'après-midi à la plage, je garde un œil sur mes enfants qui se disputent sur leur bateau gonflable mais l'autre reste braqué sur l'Etna. Hypnotisant.

 


 

Je décide ce soir d'ouvrir le guide papier de la Sicile que nous avons acheté en France. Je le parcours 10 minutes, il n'apporte pas grand chose, je le referme et ne le rouvrirai pas du voyage.

Nous nous laisserons porter au gré des envies et du hasard...

Comme souvent, il est 19h00, le vent cesse, les cigales se taisent. Leur silence crée un vide. Leur vacarme est incessant toute la journée mais on s'y habitue, on ne l'entend plus. Elles passent le témoin aux moustiques


29/07/2021 Jour : 62 km Total : 2770 km


L'Etna est en éruption. L'accès à son sommet est donc interdit. De plus, pour atteindre le cratère, il faut prendre un téléphérique, se tasser avec les autres touristes dans un bus 4x4 et payer les services d'un guide. Quasiment 150 euros par personne. C'est hors de notre budget. Je déniche donc une jolie randonnée sur le versant nord du volcan, plus sauvage.

Maupassant écrivait en 1885:

"De temps en temps, entre deux monts on aperçoit l’Etna, coiffé d’un nuage qui sort lentement du cratère et demeure immobile, sur la tête du volcan.

Mais on s’étonne tout à coup de la couleur du sol et on voit que le train court sur un rivage de lave.
Le monstre est loin pourtant, à trente ou quarante kilomètres peut-être. On comprend alors combien il est énorme. De sa gueule noire et démesurée il a vomi, de temps en temps, un flot brûlant de bitume qui, coulant sur ses pentes douces ou rapides, comblant des vallées, ensevelissant des villages, noyant des hommes comme un fleuve, est venu s’éteindre dans la mer en la refoulant devant lui. Ils ont fait des falaises, des montagnes, des ravins, ces flots lents, pâteux et rouges, et, devenus sombres en se durcissant, ils ont étendu tout autour de l’immense volcan un pays noir et bizarre, crevassé, bosselé, tortueux, invraisemblable, dessiné par le hasard des éruptions et la fantaisie effrayante des laves chaudes.
Quelquefois l’Etna demeure tranquille pendant des siècles, soufflant seulement dans le ciel la fumée pesante de son cratère. Alors, sous les pluies et sous le soleil, les laves des anciennes coulées se pulvérisent, deviennent une sorte de cendre, de terre sablonneuse et noire où poussent des oliviers, des orangers, des citronniers, des grenadiers, des vignes, des récoltes..."
 

Nous partons pour l'ascension du Mont Sartorius (1742 m), un petit volcan au pied du grand.

La route qui mène au pied du sommet est déjà très impressionnante. Dans tous les villages environnants, du sable noir recouvre la macadam. Plus haut, la route traverse les coulées de lave de l'éruption 1981. De la roche volcanique à perte de vue. Seule la route se fraye un passage dans un paysage désolé.

 

Une fois garés, nous traversons une petite forêt de bouleaux puis entamons l'ascension sur un sol instable fait de sable volcanique noir. 

 









Le pique-nique en altitude appréciable. Enfin un peu de fraîcheur...



Nous retrouvons la fournaise du bord de mer, fin de journée à la plage. Je ne peux détourner mes yeux du volcan, les habitants doivent toujours l'avoir à l’œil. Je crois que si j'habitais le coin, je l'observerais du matin au soir. 


30/07/2021 Jour : 38 km Total : 2808 km

42°c. Le camping nous permet d'avoir accès à l'électricité et de brancher un ventilateur. Il fonctionne 24h/24.

Journée plage.


Vers 18h00, direction Taormina, jolie ville perchée où a été tournée une scène du film « Le Grand Bleu ». 

Le restaurant du film est sélect, luxueux. Nous ne nous sentons pas concernés. Nous trouvons un petit parking gratuit situé en bord de mer. Un sentier permet de parcourir les 200 mètres de dénivelée qui mènent au village. Malgré l'heure, la chaleur nous terrasse.


La ville, touristique et animée se révèle très agréable à parcourir.




















Nous dînons au restaurant. Les tables semblent sales, elles sont recouvertes de poussière volcanique.

Nous redescendons prudemment au camion, de nuit et à flanc de falaise, éclairés par la torche de nos téléphones portables.

Les villages traversés pour rentrer au camping sont déserts et non éclairés. Les bâtiments sont sombres car construits en roche volcanique et j'ai un phare défectueux. Ajoutons que les scooters déboulent n'importe quand et n'importe où, bref je ne vois rien, un petit air de roulette russe...

31/07/2021 Jour : 6 km Total : 2814 km

Kilomètre 3, je fais le plein.

Kilomètre 6, le camion s'arrête net, le moteur se coupe.

J'ai fait le plein de super dans un moteur diesel...

Je suis en plein milieu de la rue principale de Giarre. Aussitôt, un embouteillage se forme et les klaxons se font entendre.

A la faveur de la pente, je parviens à me mettre sur le bas-côté.


Je m'en veux, je peste contre moi-même, ça n'aurait pas du m'arriver, pas à moi !

Appel à l'assurance vers 11h00. Nous attendons le dépanneur en plein soleil, la température, c'est habituel, est de 40°c. Les garçons commencent à s'agiter.

Fabio, notre dépanneur arrive à 14h00.

Il monte le camion sur la dépanneuse mais n'ayant pas de places passagers, nous devons rester dans notre véhicule, perchés à 1m50 du sol...

 


Dans les moments délicats, il faut toujours faire la liste des aspects positifs: L'hôtel payé par l'assurance est climatisé, on aurait pu être en rase campagne. Je n'en vois pour le moment aucun autre...

Vers 14h30, Fabio nous dépose au parking où sera stocké le camion en attendant d'être envoyé dans un garage lundi ou mardi. Il se plie en quatre pour trouver une prise de courant pour que nous puissions brancher le camion pour que le frigidaire continue à fonctionner le temps de l'immobilisation. Nous sommes samedi, tout est fermé. L'assurance ne nous paie que deux nuits d'hôtel et nous craignons que le montant de la facture ne soit élevé...

Les siciliens s'occupent de nous, ils passent des coups de téléphone, offrent des chocolats aux enfants, nous informent de la suite des événements. Les français au bout du fil sont débordés et Anne-Gaëlle doit les rappeler à de multiples reprises pour que les choses avancent.

A 17h50, l'un des employés du parking vient nous informer qu'il ferme à 18h00. C'en est trop, nous rappelons l'assurance qui nous annonce qu'un conseiller vient de prendre connaissance de notre dossier. Nous sommes en panne depuis 10h45 !

Dans 10 minutes, nous sommes mis sur le trottoir par 37 °c avec nos bagages ! Nous n'avons plus de batterie, plus d'eau... L'assurance nous indique qu'ils ont un taxi mais pas d'hôtel.

Finalement, Fabio revient pour nous éviter d'être à la rue. Mieux encore, il passe des coups de téléphone pour que notre camion soit rapidement réparé.

Vers 19h30, il me passe le combiné, on me parle en français. « C'est quoi le problème avec ton camion ? ».

J'explique mon erreur.

L'homme me répond qu'il peut me réparer ce soir le camion. Il ouvre le garage pour moi... Je n'ai pas le courage de partir à 45 min de là, je laisse clés et papiers à Fabio qui part livrer le camion je ne sais où.

Deux scénarios : On se fait entuber, on ne reverra pas le camion ou ces gens là font tout pour nous aider. Nous n'avons pas le choix, nous croyons à la deuxième option.

Le taxi arrive, nous sommes tombés en panne il y a 9 heures, nous avons enfin un hôtel.

Le soir même, je reçois des photos de mon camion (branché) sur whatsapp, le mécanicien s'en occupe demain...

L'Etna est en éruption, les jaillissements de lave rouge illuminent le cratère. Voilà un troisième point positif à notre panne. Sans cet imprévu, nous n'aurions pas assisté à ce spectacle !

 


La climatisation de la chambre nous réconforte. Contrairement à un voyage plus classique comprenant des nuitées à l'hôtel, le voyage en camion est éprouvant si la chaleur s'invite. En effet, il fait chaud tout le temps, pas de répit, jamais. Lors d'un voyage classique, s'il fait chaud à l'extérieur, une sieste au frais ou une nuit climatisée requinquent. En camion, nous sommes coincés dans la fournaise.

01/08/2021 Jour : 146 km Total : 2960 km

Un regard à 5h30 du matin vers l'Etna.

La climatisation de la chambre nous a réconfortés mais a filé une angine à Gaspard.

A 9h00, je reçois des nouvelles de mon camion sur Whatsapp, le moteur tourne !

A 11h30, le garagiste m'appelle, il est là, à l'hôtel. Il est venu me chercher...

Il me demande 450 euros en cash et m'explique ce qu'il a fait : vidange du réservoir, nettoyage des injecteurs, changement du filtre à gazole. De plus, il a ouvert le garage un dimanche matin et est venu me chercher pour m'épargner une centaine euros de taxis au tarif dominical. Enfin, je le découvrirai dans une petite heure, il me rend la camion avec le plein et me propose même les 60 litres de super qu'il a extrait du camion (Je décline ne sachant pas quoi en faire...).

Mon chauffeur s'amuse. « Vous les français, vous êtes drôles avec la ceinture... ». Lorsque je lui demande ce que fait la police, il me répond qu'au volant, on peut téléphoner, rouler vite, ne pas mettre sa ceinture, la police ne s'y intéresse pas. Lorsque je lui demande si les radars fonctionnent, il me répond que parfois il reçoit des amendes mais ne les paie pas...

Appliquant donc les principes de la conduite sicilienne, c'est à toute allure que nous traversons Catane.

Je récupère donc mon camion avec le plein et rejoins l'hôtel pour récupérer ma petite famille qu'il est difficile d'extraire de la climatisation de la chambre d'hôtel. Une bouffée d'air chaud et humide sitôt la porte ouverte vers l'extérieur...

Nous prenons la route de Syracuse, la climatisation n'est qu'un lointain souvenir, il fait 43 degrés.

Jolie promenade dans cette cité au nom merveilleusement évocateur.























 

Un château un peu dépouillé marque la limite de la ville. Je le visite avec Émile, il y a nécessité absolue de faire deux groupes. En d'autres mots et en usant d'une litote: les enfants sont pénibles...


Dans la salle principale, l'artiste Alfredo Pirri a recouvert le sol de miroirs. Il a ensuite fait rouler de lourdes boules qui ont brisé ces miroirs. Le visiteur doit se chausser de couvre-chaussures et fait évoluer l’œuvre (nommée « Étapes », « Passi  » en italien) en la faisant craquer sous ses pas. Étonnant... 


44°c. La chaleur nous matraque. Il faut trouver un parking en altitude pour dormir. Je suis donc la route qui me parait grimper le plus haut possible. Lacets après lacets, la vue sur la mer est impressionnante . Après quelques dizaines de kilomètres, le bout de la route. Une pizzeria, un parking et surtout un canyon, une saillie dans le paysage de plusieurs centaines de mètres de profondeur. L'endroit est magnifique, vertigineux.




Nous ne savons même pas où nous sommes. Je me gare sur le parking au pied des oliviers et vais chercher l'information sur internet.

Nous sommes donc dans la réserve naturelle de Cavagrande Del Cassibile.

 

Le lieu abrite donc un canyon au fond duquel coule une petite rivière quelques 300 mètres plus bas, ainsi que des grottes nécropoles taillées au Paléolithique directement dans la falaise.

Pour le moment, c'est un vent délicieusement frais qui parcourt le camion, la nuit s'annonce excellente.

02/08/2021 Jour : 103 km Total : 3063 km

01h30, le vent a cessé totalement, nous suffoquons malgré portes et fenêtres grande ouvertes.

6h35, les guêpes ont envahi le camion. En cause, la poubelle...

8h30, évidemment, je souhaite me baigner dans ces rivières 300 mètres plus bas. Anne-Gaëlle passe son tour, d'autant que la remontée s'annonce ardue, elle devrait intervenir aux alentours de midi, en plein cagnard...

Nous préparons les enfants et je me mets en quête du départ du chemin.

Une garde me dit que le chemin est fermé, qu'on ne peut pas y accéder. Cependant, elle me montre le portail clos par une chaîne et les cagettes en plastiques parfaitement disposées qui permettent de l'enjamber sans mal...

On y va... 45 minutes pour descendre. Le cadre est paradisiaque. Des petites piscines naturelles reliées par des toboggans faits de roches lisses et de courant, une eau limpide à 25 °c.

 




Une bonne heure de baignade et nous devons remonter. 1h20 d'une raide montée, à nous vider de notre eau sous un soleil agressif et nous sommes de retour au camion.


 
Nous prenons la direction d'Agrigente que je compte atteindre demain.

J'avais appris en consultant les actualités que les feux ravageaient la Sicile, plus précisément la région de Catane au moment où nous y étions. Nous n'avions rien vu.

Aujourd'hui, sur la route, les feux sont partout. Dès que l'on tourne la tête, le regard est accroché par un panache de fumée.

L'odeur est acre. Parfois, la terre est brûlée sur le bas-côté. Le feu était là il n'y a pas longtemps.

 

Les villages traversés sont déserts, il fait 42 °c, nous sommes les survivants de l'apocalypse, seuls, tous les quatre, dans notre petit camion.

Soudain, après un virage à droite, le feu. Il est là, de part et d'autre de la route, il a déjà avalé une partie du bitume. Je réfléchis un quart de seconde, j'estime à une trentaine de mètres la traversée de la fournaise. Ma femme hurle, j'accélère. Derrière moi, un camion fait de même. Nous retrouvons l'air pur, le chauffeur routier appelle les pompiers.

Nous reprenons la route quelque peu ébranlés.

Après 103 km, nous nous remontons de nos émotions et de la chaleur dans la piscine d'un « Agritourismo », une ancienne ferme viticole au charme fou. 

 




03/08/2021 Jour : 238 km Total : 3301 km

Nous traversons de grandes étendues vallonnées et arides.

On se débrouille certainement très mal mais, systématiquement, il est midi lorsque nous entamons la visite des sites. Évidemment, l'heure de ces visites n'aurait aucune importance si nous n'étions pas en  période de canicule.

40°c et midi pile, voici les conditions que nous nous sommes octroyées pour visiter la Vallée des Temples d'Agrigente.

Le site abrite dix temples inégalement conservés, érigés par les grecs entre – 520 et – 430.

Si la configuration du lieu ne fait pas penser à une vallée, elle est cependant exceptionnelle. Les temples sont alignés sur un flanc, l'épaule d'une grande colline dominant la mer. On y accède soit par le bas, soit par le haut. Nous faisons les paresseux excusés par la chaleur, nous montons en taxi, profitant avec bonheur des six minutes de climatisation et redescendons tranquillement cherchant la moindre parcelle d'ombre.








Nous cherchons un camping, nous voulons une douche, nous voulons brancher notre ventilateur, nous voulons nous baigner. Je crois même avoir entendu "Je veux des vacances !"

Nous sommes au sud-ouest de la Sicile. Le ciel est blanc tellement il fait chaud. Le camping que j'ai repéré est abandonné, les rues et les villages sont déserts, même les panneaux publicitaires, dont il ne subsiste que les encadrements, se sont faits la malle. 

Nous sommes à moins de 150 kilomètres des côtes tunisiennes. La lumière, les palmiers, les habitations et les citernes d'eau potable sur les toits en sont l'évocation.

Non loin de Marsala, nous trouvons le Graal. Après-midi piscine.

04/08/2021 Jour : 175 km Total : 3476 km

Trapani est une ville particulière. Elle est célèbre pour ses marais salants, elle est aussi la capitale du couscous sicilien.

Nous nous garons sur le port, les pêcheurs tentent de vendre leurs derniers poissons.





Ce midi, c'est couscous et arancinos (boules de riz enrobées de panure et fourrées à la viande ou au fromage).

 






 

Nous partons pour Erice, un village médiéval promontoire situé à 800 mètres d'altitude. 


 

Joli village à moitié désert. La situation se tend. tout le monde a chaud, je pense que vous le savez, Anne-Gaëlle veut des vacances, rien ne va plus.

 











Rentrer à Paris ? L'option est sur la table (pas la mienne...). Trouver un camping et se poser 3/ 4 jours, c'est l'option retenue.

Premier essai, premier échec. Petit camping en bord de mer plein à craquer. On nous propose un minuscule emplacement, coincé entre une barrière et un camping-car de 8 mètres de long.

Nous poursuivons la route (tant pis pour la Réserve naturelle de Zingaro) et trouvons un lieu de villégiature acceptable à 20 kilomètres de Palerme. Un emplacement sous les oliviers à 300 mètres de la plage. Je sors le store et les transats. Nous allons nous y enraciner quelques jours. 

 






05/08/2021 Jour : 0 km Total : 3476 km

J'emmène Émile à la plage, histoire de séparer les frangins. La plage locale est gratuite, familiale, l'eau est merveilleuse. Le vendeur de boissons passe avec son caddie sur le remblai et se fait remarquer à grands coups de mégaphone...

 



06/08/2021 Jour : 138 km Total : 3604 km

Je n'ai pas oublié cette fameuse réserve de Zingaro. Un bout de péninsule préservé entre montagnes et eaux limpides, accessible à pied ou en bateau.

Mon argument est implacable. Mieux vaut y aller un vendredi (aujourd'hui) plutôt qu'un samedi (après-demain). Ce à quoi on me répond : « mieux vaut ne pas y aller du tout... ».

Les enfants me harcèlent pour que je les emmène à la pêche. N'étant pas pêcheur du tout et craignant les emmêlements des lignes et leurs conséquences dramatiques, je repousse ce moment.

Finalement, je m'arme de courage et de bonne humeur et j'emmène les enfants pêcher sur les rochers. Une touche mais pas de prise.

 

Nous prenons la route pour Zingaro. La difficulté pour se garer n'augure rien de bon. On ne veut pas de mon fourgon malgré les quelques places restantes.

Je me gare sur le bas-côté toisant le gars du parking. Nous sortons les sandwichs et commençons à pique-niquer. Nous bloquons une partie de la route. Le préposé au parking craque et nous octroie une place que nous paierons double. 

 

Nous marchons une vingtaine de minutes sur un joli sentier. Le lieu est magnifique, l'eau est cristalline, la plage bondée.

 







On profite longuement de cette baignade agréable mais ne nous attardons pas sur cette plage encombrée.


Nous devions arpenter les routes de Sicile avec Franck et sa famille, c'est finalement JP et Céline qui nous rendent visite. Ils sont depuis quelques jours en Sicile en fourgon et font le détour pour dîner avec nous malgré un programme serré.

Formidable soirée (fraîche !) jusqu'à deux heures du matin.

Nous dormons sans ventilateur, enfin la sortie du tunnel ?

07/08/2021 Jour : 0 km Total : 3604 km

Pêche sur le port d'Isola del Femine.









La chaleur revient avec puissance, je prends un coup de chaud.

Fin de journée à la plage.

 



08/08/2021 Jour : 123 km Total : 3727 km

Visite de Palerme. Difficile de se garer. Nous sommes sollicités par de nombreuses personnes nous offrant un parking clandestin, sur un trottoir ou face à un portail.

Finalement, nous nous garons sur le port à une bonne distance de marche du centre historique.

Le marché ferme à 13h00, je presse le pas de ma petite famille pour ne pas le manquer. J'ai conscience de tirer un peu sur la corde...

Après 2,5 km parcourus au pas de course, nous y sommes peu avant que les étals ne commencent à être rangés.

Le marché est le cœur battant d'une ville. A Palerme, le marché Ballaro est le plus ancien de la cité. Il s'étend dans les ruelles  dominées par des façades délabrées. J'adore. Seul regret, du fait de l'heure, pas le temps de flâner...
















Aujourd'hui, dimanche, le Palais des Normands ferme à 13 heures. Nous manquons donc la visite.

Direction la cathédrale du 12ème siècle devant laquelle nous engloutissons quelques arancinos.

L'édifice de style arabo-normand est grandiose.

 














 
Pour échapper aux températures élevées, nous fuyons la côte et prenons la route de Piano Battaglia, une petite station de ski située dans le parc naturel de la Madonie. 

La route s'élève, la mer s'éloigne et nous nous garons en bord de route à 1800 mètres d'altitude. La température est de 27 degrés, les vaches broutent sous les hauts sommets, le calme est roi.



Des moutons redescendent, ils sont escortés par des chiens de berger. Ils sont impressionnants. Ils s'appliquent à faire traverser la route aux moutons, nous aboient dessus en guise d'avertissement (« ne t'approche pas de mes moutons »), renvoient les vaches un peu trop éloignées de leur troupeau. Ils exercent leur métier avec dévouement et autorité. Les enfants sont impressionnés, ils ne bougent pas d'un millimètre. Euh... Non, ce n'est pas raisonnable, je n'investirai pas dans un chien de berger...






Demain, nous ferons l'ascension du Pizzo Carbonara, la plus haute montagne de Sicile (l'Etna étant un volcan) qui culmine à 1979 m. Nous fêtons cela en dégustant des carbo...

Un troupeau de daims nous observe du haut des crêtes.

09/08/2021 Jour : 41 km Total : 3768 m

Nuit merveilleuse, fraîche et accompagnée par le son de cloches.

Départ pour la randonnée. J'ai prévu entre autres, 10 litres d'eau. Dans les premiers lacets, je ressens le poids du sac.

Finalement, je prends le rythme. Nous marchons tantôt à l'ombre des arbres, tantôt dans des pierriers brûlants...

 



En montagne, c'est toujours lorsqu'on pense arriver qu'il reste une bosse à gravir. L'espérance de la bosse ultime affecte un peu le moral de certains membres de la famille dont je tairai le nom.

Finalement, nous parvenons au sommet. La vue est un peu troublée par les brumes de chaleur mais nous contemplons la mer quelques 2000 mètres plus bas !

 


Au sommet, nous rencontrons des français avec qui nous entamons la descente dans des pierriers piégeux. Leurs enfants discutent avec les nôtres.




A la faveur d'une pause, nous nous séparons et nous repartons tranquillement au camion.

Il est encore tôt, nous rejoignons la mer, mangeons une glace qui fond à vue d’œil et trouvons un parking proche du bord de mer pour finir la journée dans l'eau. 44,6°c.



 

10/08/2021 Jour : 142 km Total : 3910 km

Cefalu est une jolie petite ville touristique en bord de mer.

Le centre historique est plaisant à parcourir à pied et on y trouve de l'ombre facilement (il fait 42°c).
















Dommage que les ruelles ne soient pas interdites aux scooters qui surprennent dangereusement les piétons que nous sommes.

Mon téléphone s'éteint. Trop chaud.

 

Nous finissons la journée dans la piscine d'un agritourismo à Milazzo d'où nous prendrons le bateau demain pour les Îles Éoliennes.

11/08/2021 Jour 0 km Total : 3910 km

 

Trois îles au programmes.

Nous embarquons vers 10h00 sur un bateau bondé sans qu'aucuns gestes barrières ne soient respectés.

 

Première île : Vulcano envahie par les odeurs de souffre.



Je laisse femme et enfants pour entreprendre l'ascension du volcan qui a donné son nom aux volcans. Vulcano !

Vulcano est un volcan actif qui culmine à 499 m. L'escale est de deux heures.

Je sors du bateau parmi les premiers et parcourt le premier kilomètre sur route en courant. Un fou.

Virage à gauche, voici le sentier à proprement parlé.

Je marche d'un bon pas, j'ai chaud et je souffle comme un bœuf mais après 45 minutes,je suis sur le bord du cratère inférieur d'où s'échappent des fumerolles.





La vue est panoramique. Je continue à grimper, remontant l'arête.

Spectaculaire ! Je reste une vingtaine de minutes au bord du cratère.









La descente est parcourue en courant.


Une fois la route gagnée, je prends le temps de vider mes chaussures de centaines de cailloux.

Je rejoins ma petite famille au port, il est déjà temps de rembarquer.

Il fait chaud mais le bateau fend les vagues à grande vitesse. Il y a de l'air.

Deuxième île : Panaréa

L'île est un repaire pour les riches touristes. Beaucoup de monde, pas de voitures et quelques jolies ruelles... 2 heures de promenade agréable.

 
























Troisième île : Stromboli

Le géant, un des volcans les plus actifs de la planète, se voit de loin du haut de ses 900 mètres d'altitude. Les plages de sable volcanique sont étonnantes. Nous débarquons. Beaucoup de monde. L'attraction est bien évidemment d'aller observer à pied ou en bateau, les éruptions de lave, visibles la nuit. Elles se produisent à intervalles réguliers, depuis des dizaines d'années. Les habitants surnomment le volcan Iddu, "lui" en sicilien, craignant ses humeurs imprévisibles...

 














Nous dînons sur le port en attendant d'embarquer à 20h00.

Le bateau se poste au pied du géant, le soleil se couche, première éruption. Un jaillissement de lave rouge s'élève vers le ciel.

 

La nuit tombe, un épais nuage couvre le cratère. Nous attendons, fébriles... Émile veut une glace, Émile veut faire pipi. Non, ce n'est pas le moment ! Deux fois, le nuage se déchire et nous assistons à deux nouvelles éruptions. Inoubliable.

Difficile de faire une photo à distance, la nuit, sur un bateau, je n'ai que celle-ci à vous proposer...

 

Retour tardif au port de Milazzo. Il est 23h00. Le gars de l'Agritourismo est venu nous chercher. Anne-Gaëlle et Gaspard voyageront à grande vitesse dans le coffre du minibus, assis sur des fauteuils de jardin brinquebalants.

Aujourd'hui, il a fait 48,8 °c à Syracuse, record européen battu...

Lire la suite (Italie)

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