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Ce blog étant encore en phase de rapatriement, certains voyages sont incomplets. Si vous désirez consulter ces carnets, vous pouvez, pour le moment, y avoir accès sur l'ancien site http://www.planete-montagne.fr/. Bonne route...

vendredi 15 août 2014

Tour des Balkans en fourgon: Bosnie, Albanie, Monténégro, Macédoine, Serbie... (1/6)

Voyage improvisé vers les Balkans ("montagne boisée" en turc). 7815 km en fourgon sur les routes de l'ex-Yougoslavie, à travers la Bosnie, le Monténégro, l'Albanie, la Macédoine et la Serbie. 7815 km au rythme des rencontres et des sourires. 7815 km pendant lesquels les mosquée deviennent monastères et les lacs deviennent mer. 7815 km pour tenter de comprendre les problématiques d'une guerre si proche.
Récit d'un périple en liberté au travers de la montagne boisée.



7 au 11/07/2014

Jour: 487 km   Total: 487 km

Camion chargé, en route vers l’est. J’écris route vers l’est car nous souhaitons rejoindre la Turquie voire l’Arménie si la température, les finances et la contrainte temporelle nous le permettent.
C’est cependant vers l’ouest que nous nous dirigeons . Plus précisément, la Vendée. Étape incontournable dans la maisonnette familiale. Nous nous éloignons donc de notre but pour quelques jours, mais promis, l’est sera notre chemin les semaines à venir.
L’Allemagne bat le Brésil en demi-finale. Nous comptions dormir en Allemagne le 13 juillet au soir. Le 13 juillet, c’est la finale, l’Allemagne est en finale, nous ne dormirons pas en Allemagne. Nous craignons de ne pas fermer l’œil de la nuit en cas de victoire germanique. L’itinéraire est à revoir…




 



12/07/2014

Jour:  482 km    Total: 969 km

Traverser la France d’ouest en est est plutôt inhabituel. Bourges passée, c’est en bord de Loire, à La Charité sur Loire que nous nous posons pour la nuit. L’occasion d’une promenade le long du fleuve sauvage… 











13/07/2014


Jour: 566 km   Total: 1525 km


Nous traversons les départements 18 ou 58, il faut dire, des départements que je ne connaissais pas.  Dans certains villages, l’exode rural n’est pas un mythe. Les commerçants ont baissé le rideau depuis longtemps, certaines maisons sont à l’abandon, les volets sont clos et les rues désertes.

Nous gagnons la Suisse, et, après avoir roulé toute la journée, nous sortons de l’autoroute en quête d’un parc ou d'un toboggan.

Une heure de pause salvatrice puis nous trouvons une station service sur l’autoroute (seul lieu où il est autorisé de passer la nuit en camping car en dehors des campings en Suisse) pour passer la nuit.
 
 

14/07/2014

Jour: 569 km    Total: 2184 km

06h40. On frappe avec insistance sur la tôle du fourgon. Police, contrôle des passeports.

L’Allemagne est championne du monde de football.

La Suisse est traversée rapidement, puis, afin de gagner l’Allemagne, quelques kilomètres en Autriche doivent être empruntés.  Le GPS nous fait passer à nouveau (cf Slovénie octobre 2013) par cette étroite passerelle interdite aux véhicules dépassant la hauteur de 2,40 m.  Rebelote, c’est en warnings et au milieu de la chaussée que je la franchis, au risque de toucher les montants de l’édifice.

Pause salvatrice au Ammersee.
Sans conteste, les allemands savent faire. Il suffit de repérer au hasard un lac sur une carte, de s’y rendre et le lieu est toujours fantastique. C’est ce que nous avons fait. Un lac allemand est toujours servi avec une promenade agréable, une plage accueillante, une glace et un café. 














Les enfants se sont endormis, nous traversons l’Autriche puis entrons en Slovénie.



Je gare le fourgon au bord du lac de Bled où nous avions dormi en octobre dernier.
Même place, même promenade, même lumière, même lieu formidable.









15/07/2014


Jour: 317 km    Total:  2501 km


A 9h00 du matin, nous sommes chassés par le gardien du parking qui s’évertue à vouloir me faire payer les 5 euros journaliers que coûte l’emplacement.

Les kilomètres défilent et nous réfléchissons. Financièrement et compte tenu de la distance à parcourir avec les enfants, il nous faut revoir nos plans.  Nous partons donc sud-ouest, nous partons pour les Balkans. La frontière croate est passée. Nous trouvons  un camping à la frontière bosniaque afin de peaufiner notre programme…

Carte en main, notre périple se dessine. Le début tout du moins. Traversée de la Bosnie-Herzégovine puis plage quelques jours au Monténégro pour les petits. La suite ? Je n’en sais rien…

16/07/2014


Jour: 198 km    Total: 2699 km
 


Je dilapide les derniers kunas dans quelques litres de diesel puis nous franchissons la frontière bosniaque.
La route serpente entre les collines.
Premier village, je me fais flasher. Deuxième village, j’ai encore droit à une photo. Après avoir testé le bon fonctionnement des radars bosniaques, je décide de lever le pied.
La majeure partie de la population en Bosnie est de confession musulmane. Dès la frontière passée, l’ambiance est caractéristique. Mosquées et tapis immenses qui sèchent à même le sol.
Nous arrivons à Bihac, première ville de Bosnie en venant de Croatie. Une voiture française se gare à côté de nous, ne s’acquitte pas du ticket de parking. Cinq minutes à peine se sont écoulées qu’un sabot l’immobilise. Moi qui hésitais à payer... Je change de l’argent à la banque, la vieille femme devant moi signe de son empreinte digitale.














Nous déjeunons à quatre pour 6 euros puis quelques pas dans cette cité agréable. L’appel à la prière nous rappelle qu’il est l’heure de poursuivre notre route.



Étonnant. Les traces de la guerre sont encore très visibles. De nombreuses maisons ont conservé les impacts de balles, lorsqu’elles ne sont pas encore à moitié détruites.
S’il fallait faire des statistiques, je dirais que la moitié des maisons ne sont pas achevées et pour la plupart ne le seront jamais, un quart d’entre elles sont en ruines, enfin, le dernier quart est constitué d’habitations achevées et ravalées.
Jajce est une étape intéressante à plusieurs titres.




Petite ville agréable, elle abrite en son centre une cascade d’une vingtaine de mètres de hauteur, une forteresse (14ème siècle) qui la domine et des ruelles tortueuses et pavées.
Nous filons à la cascade puis posons nos roues pour la nuit à quelques kilomètres du centre, en bord de lac, sur le parking d’un hôtel. Nous nous réservons la visite plus approfondie pour le lendemain.








17/07/2014


Jour:  173 km   Total: 2872 km



Réveil tranquille, café à l’hôtel, les petits peuvent profiter des multiples structures de jeu de l’établissement.

Nous partons à l’assaut de la forteresse puis poursuivons notre périple.









Nous poursuivons sur la route de Sarajevo.
 



Travnik est une ville étrange, dépaysante à souhait. Un mélange d’orient et d’occident, de délabrement et de poussière.




Difficile de se garer. Enfin une place. Une belle place sous un panneau « interdiction de stationner ». Quatre hommes sont assis à une dizaine de mètres.

« Français ? »

« oui »

« vous pouvez vous garer »

Visiblement ils se chargent de surveiller le fourgon. De surcroît, ils semblent ne pas avoir d’autres obligations.

A l’image de ces quatre charmants messieurs, les rues et les cafés sont peuplés d’hommes. La présence des femmes est rare. On retrouve cette caractéristique dans les pays du Maghreb par exemple et globalement dans les pays musulmans. L’atmosphère est singulière, étonnante, envoûtante, intrigante dans une certaine mesure. Géographiquement nous sommes en Europe mais l’image et le son ne semblent pas renvoyer cette réalité. A vrai dire, ce que nous voyons ne ressemble à rien que nous ne connaissions.

Deux heures se sont écoulées et les gars du parking ont disparu. Je déplace donc le fourgon.

Les enfants ne veulent pas marcher. Un peu d’ingéniosité et de compromis et la poussette simple se transforme en poussette double. Pour le moment, cela fonctionne malgré les signes de fatigue de l’engin.






Montée éprouvante (pour moi) jusqu’à la forteresse qui domine les minarets.
















A notre retour, un gamin essaie par tous les moyens d’ouvrir les portes de notre véhicule. Je le chasse, il revient à la charge…
La route se poursuit et nous sommes en quête d’un lieu pour dormir. Vendeurs de CD, de DVD, de miel ou de pastèques se succèdent. La grande majorité des habitations est délabrée, détruites ou en chantier depuis plusieurs années. Les chiens sont errants en Bosnie., il y a en toujours un qui risque de passer sous mes roues. Tout cela est peu engageant pour passer la nuit.
Nous empruntons la seule autoroute bosniaque, celle qui mène à Sarajevo. L’espoir de trouver un lieu sinon accueillant, le moins hostile possible s’amenuise. Nous pénétrons dans la banlieue de Sarajevo. Poussière, chantiers, vendeurs en tous genres… Il est 19h00 passées. Une, deux, trois stations-service, un hôtel, un restaurant. Tout le monde connaît un camping à Sarajevo et tous nous indiquent une direction différente. Pas un ne parle anglais ou allemand et je ne parle toujours pas le bosniaque… Au péage, le guichetier, dans un anglais impeccable nous confirme qu’il existe un camping. Toujours tout droit.
Évidemment, pas le moindre camping à l’horizon.
Nous décidons de prendre la route de Mostar et de passer la nuit dans la première station-service se présentant. Les petits ont atteint leur LPM (limite de patience maximale). Il nous faut trouver un lieu rapidement ;
Nous suivons la signalisation qui doit nous mener vers Mostar. Je rate un panneau et voit s’éloigner la route convoitée. Je jure, je m’énerve et cherche un moyen de faire demi-tour. A la prochaine intersection, s’il faut franchir la ligne blanche ou un quelconque terre-plein, rien ne m’empêchera de parti dans le sens inverse… Rien, sauf ce panneau où est inscrit en blanc sur fond marron « CAMPING ». La flèche indique tout droit, je ravale aussitôt mes envies de bifurcations.
Il est 20h00, nous lâchons les petits sur cette immense étendue d’herbe, l’appel à la prière résonne, on peut enfin souffler.

18/07/2014

Jour : 0 km    Total : 2872 km

Le réceptionniste nous déconseille de prendre le fourgon pour visiter Sarajevo du fait des risques d’effraction.



Nous marchons donc un petit kilomètre jusqu’à la ligne de tramway n°3. Le tramway est une antiquité délabrée. Cependant il est composé de quelques wagons roulant sur des rails et comportant des sièges. Il s’agit donc bien, après investigation, d’un tramway.


La rame est vide. En trente minutes, elle se remplit progressivement frôlant l’implosion lorsque nous descendons enfin.
Nous nous promenons dans la vieille ville, le quartier ottoman. Encore une fois, l’orient est proche. Nous sommes vendredi, la grande prière va avoir lieu, les fidèles attendent l’appel du Muezzin, les odeurs de viande grillée emplissent les ruelles et leurs fumées s’échappent au dessus des toits, les effluves de narghilé nous surprennent ici et là...
Un parfum envoûtant à peine atténué par les touristes peu nombreux.
Mosquées, église, synagogue. Sarajevo, ville marquée, blessée, ville ressuscitée et ville pour tous.
Les enfants ne veulent pas marcher, la poussette souffre autant que mes biceps sur les pavés disjoints. Nous leur achetons des ballons gonflés à l’hélium pour avoir un peu de tranquillité. Dans les ruelles étroites, les passants se font percuter par cet engin roulant équipé de deux petites montgolfières. L’un des ballons s’envole, l’autre se dégonfle. La garantie internationale ne s’applique pas, d’ailleurs le vendeur a disparu…
Les bureks (chaussons à la viande) s’achètent dans la rue pour moins d’un euro. Un délice...

 








 

















 










C’est ici que l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, s’est fait assassiné par un nationaliste serbe. Le 28 juin 1914, cet événement plongea l’Europe dans la première Guerre Mondiale.





Retour dans un tramway moins antique mais toujours aussi bondé. Nous sommes bloqués par une manifestation de soutien à Gaza qui, de fait, nous informe sur la situation proche-orientale.
Le frigo nous lâche.


19/07/2014

Jour: 163 km    Total : 3035 km

La route qui mène au lac de Boracko (Boracko Jezero) est très étroite, sinueuse et surplombe le vide.
Cependant la vision du plan d’eau cristalline confirme le choix du détour. Baignade et pique-nique dans un décor idyllique.







Les paysages sont superbes et nous transportent dans l’univers bucolique de « La vie est un miracle » d’Emir Kusturica.





Nous arrivons sous une chaleur de plomb à Mostar où le parking hors de prix nous servira d’abri pour la nuit.



J’aurais payé cher pour une bière bien fraîche. Finalement, l'épicerie du coin me l'offre pour moins d’un euro (le frigo est HS).

Mostar, avant d’être une destination touristique et surefaite, est une cité est l’histoire riche et tourmentée. Mostar était et reste une ville coupée en deux. Mostar est à dominante catholique et Mostar ouest musulmane.  Pendant le conflit (1992-1995), le pont ottoman, symbole de la ville, est dynamité le 9 novembre 1993 par les forces croates afin d’empêcher les musulmans bosniaques de prendre le contrôle de la cité.

Le pont, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco a été reconstruit à l’identique avec certaines pierres d’origine en 2004.

Les touristes affluent de la côte croate peu lointaine et l’on y paie en euros. Hormis cette constatation, la ville est superbe et le pont, majestueux, concentre, à juste titre, toutes les attentions. Les vestiges des conflits sont encore visible en arrière-plan d’un centre-ville complètement rénové. 
























20/07/2014


Jour: 214 km   Total: 3249 km

Il fait déjà plus de 30°c dans le camion, il n’est que 8h00 du matin. La direction est celle de la Croatie, dans le but de rejoindre au plus vite le Monténégro. 7 km d’embouteillage à la frontière. Après 30 minutes d’attente, nous n’avons pas avancé d’un mètre. J’avais repéré une autre route sur la carte mais elle nous imposera un large contournement. Peu importe, il fait plus de 40°c dans le fourgon, il nous faut rouler au risque de griller sur place.
La route pour rejoindre Trebinje est superbe. Elle traverse des paysages de garrigue sous une chaleur accablante et le vacarme incessant des cigales.









Trebinje est la ville la plus méridionale de Bosnie. Il y flotte un parfum particulier. Passée la suffocation sur le parking, nous nous retrouvons sur le marché couvrant une place ombragée et couverte de cafés. Les garçons suscitent curiosité et amusement. Un marchand leur offre de abricots et nous faisons les provisions en fruits el légumes. Les tomates sont énormes et laides mais quel goût !
La vieille ville n’a rien d’exceptionnel mais encore une fois, elle dégage une douceur et une tranquillité appréciable.
Nous nous installons et commandons des bureks. Le patron nous en sert une quantité astronomique pour une somme dérisoire.
Jeiko, bosniaque ayant vécu en France nous interpelle et entame la discussion. Il s’interroge sur notre présence ici. « Comment et pourquoi vous retrouvez-vous là ? ». Visiblement, les touristes ne sont pas légion à Trebinje, il faut dire qu’excepté à Mostar et dans une moindre mesure à Sarajevo, nous n’en avons pas rencontré en Bosnie.




















Nous quittons la ville en appréhendant la frontière croate. D’autant plus qu’il nous faut entrer en Croatie, en ressortir puis entrer à nouveau en Bosnie pour quelques kilomètres, en sortir, revenir en Croatie qu’il faudra quitter pour pénétrer au Monténégro.
En sortant de Trebinje, un panneau à gauche annonce Herzeg Novi, porte d’entrée du Monténégro. La route est neuve, elle n’est pas inscrite sur ma carte. Le passage de frontière se fait en trois minutes.

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