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samedi 17 novembre 2018

La Corée du Sud, du nord au sud, 652 km à vélo de Séoul à Busan



« Pourquoi la Corée du Sud ? » Cent fois posée, cette question appelle toujours la même réponse: « Une piste cyclable ». La Corée du Sud a décidé de mettre sa population à l'exercice physique et a ainsi fait construire une piste cyclable moderne et équipée qui traverse le pays du nord-ouest (Inchéon) au sud-est (Busan). Les deux principales villes du pays sont reliées par une voie verte de 633 km traversant les villes et les campagnes.

Nous sommes le 20 octobre 2018, JP et moi sommes à Roissy, les vélos sont emballés, l'aventure peut commencer...

Quelques jours plus tôt...



« Salut les gars, y a-t-il quelqu'un possédant une voiture familiale qui peut nous emmener à Roissy avec JP et nos vélos ? »



Christophe répond sans plus attendre à cette bouteille jetée à la mer.


20/10/18

Roissy, Christophe nous dépose au moment où le terminal 1 est évacué pour cause d'alerte au bagage abandonné. Nous sommes serrés comme des sardines, difficile de se frayer un chemin parmi les passagers en attente. Nos chariots transportant les vélos embêtent tout le monde...

13h10, le vol d'Air China décolle et propose au passager, en plus d'écouter l'intégrale des albums de Richard Clayderman, de visionner les pires navets cinématographiques des ces trois dernières années. Je termine mon sixième film en 10h30 (!) lorsque nous atterrissons à Chengdu en Chine.

21/10/18

Jour: 52 km   Total: 52 km

Un guichet, deux types endormis pour prendre les empreintes pupillaires et digitales de l'ensemble des passagers qui sont en transit. Au bas mot, une centaine de voyageurs, au final 1h30 d'attente.

Il est 6h00 du matin heure locale, nous sommes dimanche et avalons une soupe au bœuf avant d'embarquer pour l'avion à destination de Séoul.

Je m'endors instantanément.

Il est 12h40, l'avion se pose à l'aéroport d'Inchéon, situé sur une ile à une quarantaine de kilomètres de Séoul.

Impossible de quitter l'ile sur nos vélos. Il nous faut prendre un taxi qui nous dépose au kilomètre zéro de cette piste cyclable si convoitée.


Il est 14h40. Nous déballons les vélos, arrangeons les sacoches, regonflons les pneus. Il est 15h30, nous sommes prêts, nous sommes partis depuis plus de 24 heures. 







Au centre des visiteurs du « Four rivers bike trail » (le nom de cette piste), il est possible d'acheter un passeport qu'il faut tamponner à intervalle régulier dans des cabines rouges dédiées.

Il nous tarde de démarrer, nous faisons l'impasse sur cette curiosité aussi folklorique qu'inutile. Les coréens y semblent cependant très attachés.

Des dizaines de cyclistes pédalent sur cette voie. Certains sont emmitouflés des pieds à la tête pour protéger chaque millimètre carré de leur peau du soleil pourtant automnal.

Nous avons environ 45 km à parcourir jusqu'au quartier de Séoul où j'ai réservé l'hôtel.
La piste est bonne et les coréens, réunis en nombre en ce dimanche ensoleillé, assurent le spectacle.

Des chanteurs de rue, des musiciens, des familles, des cafés, des mécaniciens prêts à réparer n'importe quelle défaillance vélocipédique, des toilettes publiques tous les 3 kilomètres, des stations de gonflage et évidemment, des centaines de cyclistes de toutes espèces.










La roue libre de JP craque. Changement en 10 minutes sur le bord de la route.



La lumière décline au fur et à mesure que nous approchons de Séoul.






Il est 18h00, il fait maintenant complètement nuit.

Disposant d'un plan de Séoul et de quelques captures d'écran, nous repérons sans trop de difficultés le quartier de Gangnam où se trouve l'hôtel.

Plus que 13 ponts, 9 ponts, 8 ponts, 2 ponts...

Les coréens sont de sortie, l'esplanade qui domine le fleuve Han est bondée et parsemée de petites tentes.








Il est 19h30, c'est maintenant mon pédalier qui n'en finit pas de craquer.

Changement de roue libre, essai, bris de chaîne, changement de pédalier, 170 euros.

Il est 20h30, je n'ai qu'une envie : me doucher et m'allonger.

21h00, nous quittons la piste et empruntons les rampes qui permettent de remonter sur les échangeurs menant aux divers quartiers de cette ville de 10 millions d'habitants.

Enfin, l'hôtel. Chambre minuscule et sans fenêtre. Dimanche soir, 22h00. Le quartier est désert, difficile de trouver à dîner.

22/10/18

Jour: 99 km    Total: 151 km

Le départ est tardif, les organismes sont fatigués par ces dernières 36 heures.
Pas facile de retrouver la piste, nous n’échapperons pas aux escaliers...




La piste remonte légèrement vers le nord à mesure que nous quittons Séoul.









Des avions de chasse, des hélicoptères, des manœuvres terrestres, aquatiques et subaquatiques. Le voisin nord-coréen est à moins de cinquante kilomètres à vol d'oiseau.

Les arbres sont en feu. L'automne coréen nous offre un cadre particulièrement chaleureux pour pédaler.

Nous découvrons un peu plus encore cette piste si bien aménagée. Celle-ci est bien moins fréquentée désormais. Néanmoins, les infrastructures sont étonnantes : tunnels, passerelles, échangeurs, ralentisseurs, panneaux de signalisation et limite de la vitesse cycliste à 20km/h.







Outre le fait que la circulation automobile est inexistante, il est formidable de pouvoir, avec JP, rouler côte à côte et refaire le monde.

A 25 km de Yeoju, sur les coups de 15h00, une côte à 10%. Dans cette affreuse montée, une tente faisant office de restaurant. Pas de menu, pas d'anglais mais plusieurs assiettes en guise d'introduction à la gastronomie coréenne. Dans ces assiettes, des crudités non identifiables, des raviolis spongieux et une soupe épicée dans laquelle flottent divers aliments inconnus. Ayant en horreur les fruits de mer, je crains mais engloutis sans sourciller le contenu des divers récipients.
La note est bien plus salée que les plats.




La piste longe le fleuve, s'en écarte. Les ponts, édifices immenses construits pour les cyclistes, l'enjambent de temps à autres.


Le soleil décline peu à peu, le vent de face qui nous a accompagnés toute la journée ne faiblit pas.

Nous arrivons à Yeoju et décidons d'y passer la nuit, craignant de nous retrouver en rase campagne si nous poursuivons.


Un type aviné nous propose de le suivre et nous emmène dans un motel miteux que nous nous empressons de fuir.

Nous posons nos sacoches dans un établissement plus central et partons à pied découvrir cette ville qui nous offre une petite zone piétonne animée et un restaurant aux saveurs occidentales réconfortantes.









 








 

 


23/10/18

Jour: 103 km   Total: 254 km

Hot-dogs et pizza en guise de petit déjeuner.

Un petit temple domine Yeoju. Petite pause dans la brume après moins d'un kilomètre parcouru.




En bordure de piste, les manœuvres militaires nous divertissent. D'énormes camions fumants vont et viennent, déposant des troupes dans et sur les eaux grises du fleuve.

L'itinéraire, évidant et fléché depuis le début de l'aventure, nous pose quelques difficultés. Dans un décor aux couleurs merveilleuses, la piste s'arrête.


Quatre kilomètres, des doutes, demi-tour, quatre kilomètres dans l'autre sens, un cul de sac, re-demi-tour, une route, une côte, un pont, de la circulation et enfin une camionnette qui nous indique le bon chemin.

Nous sommes désormais en fond de vallée, soulagés d'avoir retrouvé cette piste, mais conscients qu'il faudra rester vigilent.




Le soleil apparaît, il est 12h00 et nous avons parcouru 59 km. Le seul restaurant repéré depuis notre départ ce matin nous offre une pause salvatrice. Une soupe et des trucs qui flottent nous remettent sur pied.




Deux autres cyclistes sont présents.
Le plus jeune nous offre une barre chocolatée, nous les retrouverons quelques kilomètres plus loin...

Les nuages noirs au dessus de Chungju annoncent une douche sévère. Il pleut des cordes, nous nous abritons sous un abris-bus en compagnie du jeune cycliste.

Nous repartons, ce dernier manque un virage quelques kilomètres plus loin. Vélo cassé, il nous encourage à poursuivre notre route.

Des travaux nous contraignent à quitter la piste...

Nous poursuivons en longeant ce que nous pensons être la piste. Il se met à pleuvoir. Des cordes.
Nous nous abritons sous le balcon d'une bicoque.

Nous repartons et nous retrouvons le second cycliste rencontré à midi.

« Busan ? »

« Busan, Busan! » nous dit-il en nous montrant que nous sommes sur le bon chemin. Nous le distançons assez rapidement. Les lacs de Chungju sont magnifiques.

On en oublierait presque nous n'avons toujours pas retrouvé la piste et que les panneaux indicateurs ont totalement disparu.

Une belle côte, on doute. Nous arrêtons les automobilistes, mais pas un ne parle anglais et tous nous indiquent avec bienveillance mais sans conviction que nous sommes sur le bon chemin.

Une belle côte et nous sortons la carte peu détaillée que nous possédons.

Notre cycliste apparaît et nous répète que nous sommes sur le chemin.

Cette fois, la route s'éloigne du lac et pique vers le sud. Pas, une côte, un col, long et raide. Nous posons pied à terre et poursuivons à pied.

Une nouvelle fois, nous arrêtons un automobiliste, la carte est sortie. Le cycliste sûr de lui pointe le bout de son nez. Il doute enfin, appelle un ami, c'est son dernier mot Jean Pierre...Je sors mon téléphone pour confirmer ce que nous pensons savoir. J'active mes données pour activer la localisation Google Map.
Le double couperet tombe : nous ne sommes pas du tout dans la bonne direction, l'utilisation d'internet m'a coûté 50 euros.

Il est 15 h30, nous avons parcouru près de 20 kilomètres dans la mauvaise direction et nous avons perdu beaucoup de temps. Dans 2 heures, la nuit tombera.

Demi-tour, retour vers Chungju.

Nous retrouvons une cabine de tamponnage, elle se situe sur un détour sans issue de notre itinéraire.
Un car s'arrête. Des dizaines de coréens en tenue cycliste en descendent et se photographient fièrement le précieux tampon à la main. A croire que ces quelques gouttes d'encre ont davantage d'importance que l'itinéraire gagné à la force des mollets...

La ville est très étendue, nous nous dirigeons vers le centre-ville mais nous ne retrouvons pas la piste cyclable. Nous devons prendre une décision car la ville que nous souhaitions atteindre est désormais inaccessible avant la tombée de la nuit.

Il est 17h30, nous montons dans un bus au terminal de bus de Chungju pour rejoindre Mungyeong.




45 minutes de trajet et j'aperçois enfin le ruban asphalté que nous convoitions tant.




Il fait nuit, les rues sont désertes et les restaurants sont rares et traditionnels. Personne n'y parle anglais. Nous finissons dans un taudis servant des ailes de poulet frit baignant dans une sauce sucrée.

24/10/18

Jour: 115 km   Total: 369 km

Je concède que sur le vélo, je regarde souvent la montre et le compteur. J'ai cette obsession, bien que le mot soit un peu fort, d'arriver avant la nuit. Je n'ai surtout pas envie de me retrouver dans la campagne coréenne sans éclairage publique et sans lieu pour dormir. Comme nous n'avons pas de carte précise de l'itinéraire et que nous ne savons jamais où nous allons loger, je me garde une marge suffisante pour éviter la nuit à la belle étoile.

Ainsi, ce matin, nous partons plus tôt, sur les coups de 7h30.

La brume nous enveloppe dès les premiers tours de roue. La piste traverse un petit village traditionnel et endormi. La Corée rurale, l'envers du décor.









Les paysannes et les paysans courbés bêchent, coupent ou ramassent. On comprend aisément pourquoi les mamies rencontrées ici ou là sont bossues et voûtées.








Les quelques kilomètres parcourus, bien qu'agréables, nous soucient. Les indications ont encore une fois disparu et la mésaventure de la veille ne doit rester qu'un lointain souvenir. Un grand-père nous rassure. Il est étonnant de constater que nos interlocuteurs rencontrés quotidiennement ne parlent pas un mot d'anglais, que ce soit en ville, dans les campagnes et même, aux réceptions des hôtels.





Deux vélos avec sacoches. Sans aucun doute, des occidentaux, les premiers croisés depuis notre départ. Des anglais en voyage pendant un an qui possèdent LA carte que nous aurions du nous procurer dès le début : celle qui représente l'intégralité de l'itinéraire. Curieusement, elle n'est pas sous-titrée en anglais mais nous la prenons en photo, elle nous sera utile... cinquante mètres plus loin où une bifurcation indique la suite de l'itinéraire dans deux directions opposées.

La piste suit de près ou de loin les méandres du fleuve. Parfois, elle s'éloigne et la sanction est immédiate : une côte. Celle-ci fait 25 %. Elle nous donne du fil à retordre alors que nous la montons à pied.

Un joli parc aux couleurs automnales et aux statues mystérieuses, un temple surpris au hasard d'un virage et une épicerie de secours nous permettant d'engloutir quelques chips, jalonnent le parcours.























Il nous reste 42 km avant d'atteindre Gumi, une ville où nous trouverons très certainement un motel.
Je presse JP, il faut avancer.






Les premières forêts de buildings se dessinent, la petite pause café à 10 km de l'arrivée nous détend.





Nous nous perdons dans la zone industrielle, nous trouvons un hôtel, seul indice qui puisse nous faire penser que nous avons trouvé le centre ville.







Je suis fatigué.

Nous sortons et tombons par hasard sur un minuscule marché au pied des barres d'immeubles.










JP achète des pommes. Enfin un met simple au goût familier.

25/10/18

Jour: 104 km   Total: 473 km




Kilomètre 8, je suis parti devant car JP s'arrête une énième fois pour prendre des photos. J'ai pris un petit kilomètre d'avance, je l'attends, il n'arrive pas, je peste, je fais demi-tour. Je distingue son coupe vent-rouge, immobile.

Lorsque j'arrive à son niveau, je constate que sa roue est en huit. Inutilisable.
Un cycliste coréen l'a percuté. JP, un colosse, n'a pas bougé d'un centimètre. Le coréen a volé, cassé ses lunettes et s'est blessé au visage.

En attendant, il est allé chercher sa voiture pour emmener JP et son vélo chez le vélociste le plus proche.

Il revient, les embarque tous les deux et je reste planté sur le bord de la piste avec mon vélo et celui du coréen malchanceux.

Je regarde les quelques golfeurs, je marche, j'ai froid.





Je reçois un sms : « Il me rachète un vélo à 500 euros ! ».

La roue étant indisponible, le pauvre coréen fautif se confond en excuses et n'en démord pas, il faut un nouveau vélo.

Moins de deux heures après l'accident, ils sont de retour avec un destrier flambant neuf, remplaçant ainsi la vieille machine fatiguée de JP.


Je ne perds pas de vue notre moyenne journalière, il faut maintenant avancer, nous avons pris beaucoup de retard.




C'est un vrai plaisir de pédaler sur cette piste. Bien souvent, elle est surélevée et domine de quelques mètres le paysage environnant. Une piste panoramique.

Nous passons à proximité de Daegu, troisième ville du pays. Encore une forêt de buildings qui se dessine à l'horizon, des barres d'immeubles uniformes et numérotés.






J'achète une petite flasque d'huile, la mienne a explosé ce matin et nous nous arrêtons dans un Seven Eleven, une épicerie de bord de route pour déjeuner. Il est 14h00.


Dans les rayons, quelques aliments occidentaux. Je me précipite sur des bâtonnets blancs. Fromage ou poulpe ?



A nouveau, une intersection où les flèches indiquent à droite et à gauche. Depuis le début de notre périple, les panneaux ne sont pas sous-titrés en anglais. Notre instinct nous guide une nouvelle fois.

90 kilomètres au compteur. La lumière est superbe. Encore une fois, JP s'arrête pour prendre des photos, je trépigne. C'est vrai, c'est beau. Notamment ce joli temple en bord de route.





















La carte en coréen ne nous aide pas beaucoup, souvent on ne sait pas où on est. Les cabines dédiées au tamponnage des passeports sont nos seuls repères. Il y en a tous les 50 km environ.

Nous laissons une grosse ville sur notre gauche et poursuivons la piste qui s'enfonce dans la campagne. Il est pourtant près de 17h00.

Un pont, un petit village, aucun hôtel. Les riverains ne nous aident pas beaucoup. Nous faisons demi-tour et parcourons 7 ou 8 kilomètres en sens inverse.

Nous trouvons finalement un hôtel planté dans une zone industrielle déserte. Un hôtel luxueux aux chambres à prix modique. A la réception, personne ne parle anglais, mais la venue de deux français suscite un vif engouement et déclenche une séance photo.

Nous ne savons pas où nous sommes, si ce n'est dans une grande ville qui ne figure pas sur la carte. Une ville-fantôme. 


Nous nous faisons livrer une pizza dans la chambre, une pizza dont la croûte est fourrée à la patate douce, une pizza « italienne » (c'est celle que j'ai choisie ), immangeable, une insulte à l'Italie...

A défaut d'avoir bien mangé, je me détends dans le jacuzzi et le lit chauffant !

26/10/18

Jour: 117 km   Total: 590 km

Les premiers 50 kilomètres ne sont que des successions de côtes.





La première, très raide, nous mène à un petit temple dominant le fleuve. Le temps est couvert, l'endroit désert.
























Petite pause salvatrice dans une épicerie de bord de route.











Kilomètre 56, nous déjeunons dans un Seven Eleven glauque, écrasé par l'immensité de barres d'immeubles tout aussi glauques.



Il se met à pleuvoir.

On ne profite plus, on pédale.



Nous empruntons l'immense pont qui nous mène à une énième ville verticale. 90 kilomètres. D'une façon hasardeuse, j'estime qu'à 10 kilomètres, nous devrions trouver un hôtel.

Nous poursuivons donc malgré l'heure tardive.


10, 15, 20 kilomètres et pas la moindre trace de ville. Nous quittons la piste et nous parvenons à un village alors que la nuit tombe sur la campagne coréenne.

Une femme, dans l’entrebâillement d'un portail, nous traduit à l'aide de son smartphone que le premier hôtel est à une vingtaine de minutes en voiture.

Il est donc temps d'allumer nos éclairages. Nous décidons de ne pas reprendre la piste, nous ne verrons rien et restons sur les grands axes.

Il fait nuit. Les quelques passants nous indiquent toujours la même direction. Enfin le motel convoité ! Nous sommes trempés.

La chambre est sommaire. Pas de lit, pas de matelas mais elle fera l'affaire. Nous faisons sécher nos affaires et partons à pied pour trouver de quoi dîner.


Nous poussons la porte d'un petit boui-boui. Un genre de grill trône au milieu des tables et nos voisins se font griller des tranches de lard et des rondelles de patate. C'est exactement ce qu'il nous faut.

Avec JP, nous sommes de gros mangeurs. Alors, après 117 kilomètres à vélo, les six rondelles de pommes de terre que l'on nous apporte, nous paraissent bien insuffisantes. Le supplément de quatre rondelles est loin de nous rassasier. L'addition, nous estomaque. Hors de prix.




Nous finissons dans une supérette pour terminer ce repas sur une touche sucrée.

27/10/18


Jour: 62 km   Total: 652 km

Journée marathon comme je les aime, mais il faut bien avouer, au moment d'écrire ces lignes, je suis épuisé...

Reprenons...

Il s'agit de notre dernier jour sur le vélo.
Les 47 kilomètres jusqu'à l'arrivée sont rapidement parcourus. D'autant plus que les forêts d'immeubles de Busan, deuxième ville du pays (3,5 millions d'habitants), sont en ligne de mire.












L'arche constituant la ligne d'arrivée est l'occasion de faire quelques photos avec des cyclistes coréens de passage.







Heureux d'avoir parcourus cette belle piste, il nous faut maintenant nous diriger vers Busan et plus précisément vers la gare centrale pour y réserver nos billets de KTX (TGV) pour le lendemain.

10 kilomètres en jungle urbaine avec bus, intersections et feux tricolores. Nous en avions perdu l'habitude.


A suivre les panneaux « Train station », nous empruntons deux tunnels interdits aux vélos. La circulation est dense, il faut jouer les équilibristes.

Je réserve en quelques minutes deux billets pour Séoul, départ 6h30 le lendemain matin.

Quelques kilomètres encore pour trouver l'hôtel.


Personne. Nous partons déjeuner dans une chaîne de burgers (Lotteria).

Retour à l'hôtel. Personne. J'entends du bruit au 4ème étage. A force d'inspecter les chambres, je trouve une petite dame qui nous ouvre notre chambre.

Nous avons besoin d'un véhicule à 5h40 pour le lendemain, d'un grand véhicule pouvant accueillir deux adultes et deux vélos emballés. Pas un mot d'anglais mais avec les gestes, on se met d'accord sur l'heure, le tarif et sur la taille du taxi. Enfin, je l'espère...

Nous partons à pied pour le quartier de Gamchéon, un village aux maison colorées et aux ruelles escarpées. Le lieu, très touristique, a fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration et de réhabilitation.








Nous marchons plusieurs heures dans ce labyrinthe, revenons sur nos pas pour photographier à nouveau certains lieux car le soleil a daigné montre le bout de son nez.

Promenade agréable dans un quartier squatté par les artistes. Ici, ce sont des dizaines de coréens qui font la queue pour se prendre en photo à côté d'une statue du Petit Prince et de son renard.




































Sur le chemin du retour, nous trouvons de la mousse et du carton entassés sur un trottoir. Ces matériaux nous permettront d'emballer les vélos afin qu'ils soient protégés dans l'avion.

Depuis le début du voyage, JP peine à retirer de l'argent dans les distributeurs. Nous enchainons trois ou quatre banques, mais sans succès.

La rue des livres est étonnante. Dans certaines boutiques, il est impossible d'entrer tellement il y a d'ouvrages.





Nous nous plongeons dans les fumées et les odeurs du marché Gukje et prolongeons jusqu'au marché aux poissons de Jagalchi.

















Des anguilles scalpées vivantes tentent de s'échapper des grills sur lesquels on tente désespérément de les faire cuire, des poulpes mangés alors qu'ils gesticulent encore et des tentacules de pieuvres refusant obstinément de se laisser enfermer dans des sacs plastiques. Un tel spectacle ne m'aide pas à apprécier tous ces mollusques et autres fruits de mer que j’exècre déjà...

Derrière ces petites échoppes odorantes où trônent les poissons séchés ou vivants, des petites tables permettent aux coréens de déguster.



















Je suis épuisé.

Comme la journée n'était pas assez chargée à notre goût, nous nous engageons dans la station de métro de Jagalchi pour rejoindre la plage de Haeundae . Ce soir, c'est le grand festival international de feu d'artifice de Busan qui rassemble plus de deux millions de spectateurs chaque année.

Neuf stations de métro, un changement, neuf stations de métro et une foule dense canalisée par des force de sécurité quelque peu débordées et nous arrivons sur le front de mer. Un coréen nous annonce que le spectacle débute à 20h00. Il est 19h30, juste le temps d'avaler une pizza plutôt bonne mais comme partout en Corée, hors de prix.


Je n'aime pas particulièrement les feux d'artifice mais nous parvenons à nous frayer une place face à la mer et le spectacle est plutôt agréable.





Il est 20h50, dans 10 minutes les derniers feux seront tirés. Il faut partir pour éviter la foule qui se dirige déjà vers la bouche de métro.

Neuf stations, un changement, neuf stations et un kilomètre à pied pour rejoindre l'hôtel.



Au lit ? Non, pas tout à fait.

Il nous faut encore emballer soigneusement les vélos dans les housses prévues à cet effet, faire nos bagages et prendre une douche.

Il est 23h00, nous nous couchons morts de fatigue.
Pourtant, qu'avons nous fait aujourd'hui ? 62 km à vélo, 15 km à pied, 36 stations de métro, un quartier escarpé, trois marchés, quatre banques, une gare centrale, un festival international rassemblant 2 millions de personnes, un emballage de vélo, 1500 photos et j'en oublie... Les réveils sont programmés à 5h00 du matin...


28/10/18

Nous prenons notre petit déjeuner à la gare de Séoul.

Le KTX part à 6h30. Le suivant est à 6h40



Assis dans le wagon, je repense avec plaisir au film que j'ai vu il y a quelques semaines : « Dernier train pour Busan ». Un film de zombies, le genre de film que je n'apprécie pas particulièrement mais sachant que j'allais prendre ce train, sur la même ligne que le lieu de l'histoire, je me suis laissé emporté.
Donc, il s'agit du KTX Séoul-Busan qui se fait contaminer par des zombies assoiffés de sang. Je suis amusé par ce clin d’œil.



Le paysage défile. Parfois, nous longeons la piste mais difficile de situer les lieux.

Arrivés à 9h00 en gare de Séoul, nos sacs d'une trentaine de kilos nous achèvent. Nous sommes dans le dernier wagon et nous avons tout le quai à parcourir à pied.
 
Les taxis ne peuvent pas nous prendre faute de place. Je retourne dans la gare et demande au guichet d'information s'il est possible de nous appeler un van. Impossible.
Il nous reste à convaincre deux chauffeurs de taxi de nous prendre séparément et surtout de loger les vélos sur la banquette arrière.

C'est chose faite, nous arrivons à l'auberge de jeunesse réservée dans le quartier de Jongno, quartier central qui nous permettra de ne pas perdre de temps lors des visites.


Il est 10h00, les chambres ne sont pas prêtes, nous partons à pied.

Nous débutons par le Chagdokgung Palace (15ème siècle) et son extraordinaire Secret Garden. Un parc immense, sublimé par les merveilleuses couleurs de l'automne, un petit paradis au cœur de la ville, un des plus beaux parcs que je n'ai jamais vus.
Les touristes, essentiellement asiatiques, visitent les lieux vêtus de costumes traditionnels coréens. Ceux-ci sont proposés à la location à chaque coin de rue. Évidemment, ils leur permettent de faire des milliers de photos et de selfies.










































Un riz au bœuf plus loin (toujours difficile de savoir à l'avance ce que nous allons manger), nous sommes au Bukchon village, un quartier traditionnel préservé.

 

Promenade apaisante et étonnamment calme alors que la ville grouillante se trouve à quelques centaines de mètres.













Les devantures des magasins sont ornées de la photo du tenancier...












Mais « chut ! », il faut chuchoter pour ne pas troubler le bien-être des habitants.


Nous poursuivons jusqu'au parc du Gyeongbokgung Palace où un spectacle a lieu. JP est extirpé du public pour participer à la démonstration. Il est chaleureusement applaudi par le public malgré, il faut l'avouer, sa piètre prestation....



 








Nous remontons l'immense Sejong Daero en face du palais.








Une fête, un concert sans public et des ballons. Des manifestations silencieuses ont lieu. Impossible d'en saisir les revendications. Des stands sont montés pour réclamer la réunification des deux Corée. Ceux-là rendent hommage aux victime d'un dramatique naufrage de ferry. Une fête morbide !
Comme partout en Corée, des stands de bouffe.














Une grosse averse nous oblige à nous abriter dans un Starbucks Coffee.

A la faveur d'une accalmie, nous visitons un temple bouddhiste, niché au pied des buildings et orné de milliers de fleurs.











Des caméras surveillent le lieu. Nous en avons vu partout en Corée, aussi bien à la ville qu'à la campagne. Le pays est sous haute surveillance.

Encore une quinzaine de kilomètres à pied aujourd'hui...

29/10/18

Nous retournons au petit temple bouddhiste, éclairé désormais pas une jolie lumière matinale.






















Nous visitons le Gyeongbokgung Palace où nous assistons par hasard à la relève de la garde. Les gardiens, affublés de fausses barbes, répètent inlassablement le cérémonial.















Encore et toujours, les couleurs automnales et des costumes enchantent le paysage.




















A pied, puis en téléphérique, nous rejoignons l'esplanade qui domine la ville.



















Depuis le promontoire, on distingue les bâtiments et les montagnes environnantes, mais aussi le fleuve Han au bord duquel nous distinguons cette fameuse piste cyclable.





































Nous attendons deux heures que le ciel se découvre. Le soleil en plus, la lumière est moins belle finalement.

Nous redescendons en ville et arpentons sans relâche l'immense marché à la recherche de petits cadeaux pour nos proches et de photos à prendre.

Les petites artères cachent des restaurants minuscules, certains n'ont qu'une seule table. Les rats y grouillent, peut-être finissent-ils dans l'assiette...


























Il fait déjà nuit. Nous retournons à pied à l'hôtel. Nous nous perdons évidemment et les coréens rencontrés peinent à comprendre notre prononciation.








 

Peu avant de rejoindre notre but, nous traversons un petit quartier traditionnel aux maisons basses.
Belle ambiance.

30/10/18

Il est 5h00, je bois mon café sur le perron de l'hôtel en attendant le taxi. La supérette en face est ouverte 24h/24 . En ce petit matin, des coréens poussent des charrettes transportant des cartons.

Le chauffeur de taxi s'évertue à trouver notre numéro de vol sur son smartphone. Fort heureusement car nous nous étions trompés d'aéroport.

2h30 de vol jusqu'à Pékin, 3 heures d'escale, 11h15 de vol jusqu'à Paris, 8 heures de décalage horaire...


Je suis abasourdi à Paris... Des vacances ? Non, un voyage... Et quel voyage !

« Alors pourquoi la Corée du Sud ? »

Pas pour les paysages ni pour la gastronomie assurément... Pour les coréens et leur culture, pour les villes de Séoul ou Busan sans aucun doute. Vous l'avais-je déjà dit ? Il existe une piste cyclable extraordinaire qui traverse le pays du nord au sud...

5 commentaires:

  1. Réaction à chaud après avoir tout lu : "c'est complètement ouf comme voyage"! Bravo pour les photos et textes qui nous plongent dans un autre monde ! Clara et Julien

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    1. Merci pour votre commentaire et bravo pour votre courage d'avoir tout lu ! ;)

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  2. Un carnet de voyage plein d' Inattendu, que ce soit les paysages (certains incitent à la peinture) ou les nombreux portraits saisis au détour d'un tour de roue ou d'une balade à pied. On est transporté dans un ailleurs méconnu , cependant les visages et les sourires nous parlent.
    Bravo pour le texte nous permettant de faire aussi un bout de voyage .

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