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lundi 19 mai 2014

Montagne - Ascension du Col du Soufre (2841 m)

Le Col du Soufre est un objectif pour randonneurs l'été. L'hiver ou en fin de printemps, il ponctue une promenade agréable skis aux pieds. 

Quelques mots

Date: 17-18 mai 2014
Avec: Gatien (jusqu'au refuge) et JP

Après sept ans d'absence en montagne, j'y retourne avec Gatien et JP. La condition physique n'est pas au rendez-vous, l'objectif de ce week-end est revu à la baisse (d'autant plus que nous avons fait l'aller-retour depuis Paris sur deux jours). Néanmoins, quel plaisir !

Description de l'itinéraire

Cartographie
IGN 3534 OT
Région
Massif de la Vanoise
Type d'escalade
neige
Altitude de départ
 1710 ou 2474 m
Dénivellation
1731 m ou 367 m
Orientation
O
Inclinaison max
30°
Cotation globale  
F
Cotation ski  
S2
Cotation engagement  
I
Matériel
 Matériel de ski  ( + couteaux ) + crampons éventuellement.
Logement
Refuge de Peclet-Polset
Accès
Pralognan la Vanoise - Les Prioux
 
Depuis le parking des Prioux, remonter la longue vallée sud-ouest jusqu'au refuge du Polset.
Depuis le refuge, prendre plein ouest jusqu'au Lac Blanc. Traditionnellement, l'itinéraire passe à droite du lac pour rejoindre le couloir orienté ouest qui rejoint le Col du Soufre. (nous sommes passés par les flancs à gauche). Après la montée assez raide, poursuivre puis obliquer à droite.

Retour par le même itinéraire.














 

samedi 14 juillet 2007

Montagne - Ascension de La Luette (3548 m) - Suisse


Sommet facile situé en Suisse (Valais), marche d'approche longue et assez plate au départ du barrage de Dixence (2300 m). Traditionnellement, l'ascension s'effectue à partir d'Arolla.

Quelques mots


Date: juillet 2007
Avec:  Gatien

Orages toute la nuit, brouillard et neige nous ont empêchés d'accéder au sommet... Attention, bivouacs interdits. Il nous a fallut négocier longuement avec le gérant du refuge pour qu'il ne prévienne pas les gendarmes... 

 
Description de l'itinéraire

Cartographie
Carte Suisse Evolenne
Région
Valais Suisse
Voie
Voie Normale
Type d'escalade
Neige
Altitude de départ
2190 m
Dénivellation
1358 m
Orientation
NE
Inclinaison max
30°
Cotation globale  
F
Cotation engagement  
II
Matériel
matériel de sauvetage en crevasses, piolet + crampons
Logement
Refuge des Dix (2928 m ) ou bivouac  (interdit) au col au dessus (3000 m )
Accès Sion - Hérémence - le Chargeur
 
Montée Du parking sous le barrage, remonter sur son flanc droit. Du barrage, un sentier marqué par un tunnel longe le lac de Dixence sur plusieurs kilomètres. Compter au moins 1h30 à plat pour parvenir au Pas du Chat. Du Pas du Chat, prendre à droite le sentier qui monte en pente raide 
direction "Cabane des Dix". Environ 2 heures d'ascension et le passage d'un col à 3000 mètres vous permettent d'accéder à la cabane des Dix. De la cabane, se diriger SO, rejoindre l'arête SE vers le point coté 3465 et remonter l'arête jusqu'au sommet à 3458 m.

Descente
Même itinéraire ou passer le Pas de la chèvre direction Arolla (voie d'accès classique à la montée)

 

 

 


 




samedi 24 décembre 2005

Montagne - Ascension du Puy de Cliergue - Massif Central

Une montée en pente douce offrant des vues panoramiques sur le domaine skiable du Mont Dore et le Puy de Sancy.  

Quelques mots

Date: 21 décembre 2005
Avec: Gatien
 
Petites montagnes skis aux pieds, sur une neige glacée...

Description de l'itinéraire

Cartographie
 IGN 2432 ET
Région
Massif central
Voie
N
Type d'escalade
neige
Altitude de départ
1050m
Dénivellation
650 m
Orientation
N
Inclinaison max
30°
Cotation ski  
S2
Cotation globale  
F
Cotation engagement  
I
Matériel
 Matériel de ski  ( + couteaux ) + crampons éventuellement.
Logement
/
Accès
Village du Mont Dore

Montée

Du village du Mont Dore ( et non la station ) rejoindre l'Hôtel des sapins et gagner le salon du Capucin ( départ des pistes de ski de fond. Remonter ses pistes et passer à droite du Capucin. En sortant de la forêt,  poursuivre en pente douce le long de la crête et rejoindre la pente évidente plein nord. Arrivé au replat, 1O minutes sont nécessaires pour atteindre le sommet.

Descente

Itinéraire complètement glacé ( glace bleue dès la sortie du bois )
Possibilité de continuer pour rejoindre le Puy Redon.




mardi 16 août 2005

Bolivie- Chili, aux pays des superlatifs (3/3)


30/07/2005


Beaucoup d’impératifs aujourd’hui : payer l’hôtel, en trouver un autre pour le 11 août, changer des espèces, s’assurer auprès de Varig que nous rentrons bien en France, faire les sacs et payer le guide pour le Huyana Potosi. 16h00, tout est fait, nous partons le soir même pour Potosi, la plus haute ville du monde, perchée à 4100 m. Encore dix heures de bus !  Départ 08h30, je m’endors assez rapidement devant un vieux film Américain avec Stallone. 

31/07/2005


02h00, le bus s’arrête au milieu de nulle part.  05h30, nous arrivons à Potosi.


Nous prenons un taxi, arrivons à l’hôtel. Nous réveillons l’hôtelier : « No possible, no possible, 10 de la manana ! » La chambre est disponible à 10h00 du matin, nous restons dubitatifs face à l’interphone désormais muet. Nous reprenons les sacs et commençons à marcher dans Potosi, baignée dans la nuit. Deux gars nous interpellent, nous faisons la sourde oreille. Nous arrivons à une guitoune. Deux gars mangent des Hamburgers avec des frites. Il est 06h15 ! Nous discutons un peu, nous voulons boire du thé, c’est possible… au terminal de bus.  Un des gars nous dit qu’il est dangereux de se promener de nuit à Potosi. Un taxi arrive, ce même gars nous dit que les taxis sont dangereux et qu’on ferait mieux de venir avec lui… Nous montons plutôt dans le taxi, direction retour à la case départ, le terminal de bus. Nous buvons un thé dans un local miteux, il est 06h30.  Nous repérons dans le guide un restaurant qui sert de bons petits déjeuners, il ouvre à 07h30. Nous reprenons un taxi, parvenons au restaurant à 07h20, dix minutes d’attente dans le froid, et enfin nous sommes au chaud. Nous y restons jusqu’à 10h00 à jouer aux dés. 10h30, nous prenons possession de la chambre, il y fait 5 °c. Sieste puis visite de la ville.  Potosi est une charmante cité coloniale, dominée par le Cerro Rico, une immense mine d’argent qui fit la richesse de cette ville.


Il y est très agréable d’y flâner, les maisons sont colorées, ornées de jolis balcons, les églises sont multiples et raffinées. Nous dînons puis allons nous coucher.
01/08/2005
Pendant le petit déjeuner, nous nous décidons pour visiter les mines d’argent. Le départ a lieu à 13h00 avec notre guide et une basque peu causante. Nous passons par le dépôt où nous nous équipons : pantalon imperméable, veste, casque, bottes, lampes à acétylène…  Nous passons ensuite par le marché, dans le quartier des mineurs pour leur acheter quelques denrées de base. La mine leur appartenant, ils payent tout de leurs poches déjà peu remplies… Nous achetons des feuilles de coca, des boissons, des cigarettes, de l’alcool à 96 °c (!) et de la dynamite ( !! ). En effet, la dynamite est en vente libre dans les échoppes le long de la rue.
Nous nous élevons sur cette montagne qui domine Potosi, puis, après avoir assisté à une explosion de dynamite, nous parvenons à l’entrée de la mine, assistant à un curieux spectacle.
Hommes, femmes et enfants siègent à l’entrée de la mine. Plusieurs carcasses de lamas trônent, tous mâchent des centaines de feuilles de coca et s’affairent à en décortiquer une autre, les fœtus sont récupérés, le sang est dispersé sur les murs pour s’accorder les faveurs de Pachamama.
   
Nous rentrons peu rassurés dans la mine, quinze centimètres d’eau au sol, nous marchons entre deux rails et la hauteur maximale n’excède pas 1.80 m.
50 mètres, le noir absolu, nos évoluons dans un univers ténébreux et froid. Après une heure de marche, l’air chaud se fait sentir, nous sommes à la porte des enfers, Tio en est le gardien, nous parvenons à son sanctuaire.
Tio est l’incarnation du diable, et, tous les mineurs qui descendent se doivent de lui faire des offrandes pour être protégés dans les entrailles de la terre. Il est représenté par une statue en terre, à taille humaine, pourvu de cornes et d’un gros pénis. Un fœtus de lama est à ses pieds. Ainsi, nous lui offrons des cigarettes, nous les lui mettons allumées dans la bouche, nous dispersons sur lui des feuilles de coca, de l’alcool à 96°c, tout en récitant des prières. Le rituel est organisé et solennel, l’instant est fort, troublant même… Nous poursuivons notre chemin, certains passages n’excèdent pas 80 centimètres, nous évoluons à quatre pattes. La chaleur s’intensifie, les vapeurs de Silice et d’amiante deviennent irrespirables. Je me mets à tousser, une gorgée d’alcool à 96 °c est c’est réglé. Tout d’un coup, nous apercevons quelques lumières flotter sur les murs sombres. Nous arrivons à un des lieux d’extraction de l’argent. Un bruit sourd se fait entendre, nous tombons nez à nez avec un wagon poussé avec souffrance par cinq hommes. Nous échangeons quelques mots, les mineurs paraissent exténués.


Leurs conditions de travail sont difficiles, inhumaines, les mineurs de Germinal n’ont rien à leur envier. Le choc et le retour dans l’Histoire s’imposent à nous. Nous leur offrons quelques produits et repartons. Le guide s’arrête et nous explique qu’il veut monter au deuxième niveau. Le passage est escarpé, je reste donc avec ma puce. Ils sont de retour dans cinq minutes. Curieuse sensation d’être seuls, sans un bruit, sans la moindre lueur, nous semblons abandonnés au fond de cette mine.  Si nos lampes s’éteignent, si le guide ne revient pas, si la cavité s’effondre. Vingt minutes d’attente à 4400 mètres, les secondes sont longues, très longues… Puis, enfin, une lueur, une lumière, une lampe, ils reviennent et nous prenons le chemin de la sortie. Trente minutes avant de revoir le soleil, une fumée s’amplifie dans le conduit où nous sommes. Elle devient de plus en plus opaque, l’air est de moins en moins respirable, nous mettons des écharpes pour couvrir nez et bouche, nous ne voyons plus rien, nous trébuchons… Notre guide nous ordonne de marcher plus vite… Enfin, à travers le nuage opaque, une lueur, la sortie et des carcasses de lamas qui brûlent tant et plus devant l’unique accès à la mine. Quelques minutes pour se remettre du choc, Anne Gaëlle craque. Enfin, la lumière, l’air, la liberté après deux heures trente dans l’obscurité. Nous allons acheter des chaussettes ( les nôtres sont désormais inutilisables ), celles ci sont taille unique… Dîner et coucher, morts de fatigue.
02/08/2005
Départ 12h30 pour Sucre. La route serpente dans les vallées asséchées, trois heures de route, nous arrivons à Sucre.


Sucre est une ville coloniale de toute beauté, perchée à 2700m, éden où chaleur et raffinement procurent une sensation de bien-être, une ville au parfum d’occident. On ne compte pas les églises et les clochers blancs, les façades coloniales et les palmiers.

Enfin des températures clémentes. L’hôtel est très confortable et peu onéreux ( 12 euros ). Nous nous payons le luxe de regarder les informations en français à la télévision.
03/08/2005

Balades, restaurants, enfin un peu de douceur dans une ville où il fait bon vivre…  Le soir, Sucre est animé, les étudiants investissent la Plaza Del 25 Mayo et les nombreux pubs sont pleins.  Nous savourons notre lit douillet.



04/08/2005

Nous repartons le soir même pour La Paz, encore quatorze heures de bus.  Toute la journée, nous nous promenons, prenons l’ambiance assis à la terrasse des cafés, nous n’en loupons pas une miette.  Sur un banc, une horde de cireurs de chaussures nous aborde, il sont âgés de 8 à 10 ans. Samuel veut une pièce de notre pays. Je trouve vingt centimes d’euros, je lui montre sur le verso de la pièce, la carte de l’Europe. Nous regardons ensemble les places de la France, de l’Espagne, de l’Angleterre… Les autres en veulent, nous leur donnons des stylos, des adultes arrivent, nous leurs distribuons les derniers. 7h00, nous sommes dans le bus, pas de toilettes pas de chauffage, voilà qui explique le prix intéressant de notre retour…

05/08/2005

06h00 du matin, gare routière de La Paz. Un thé dans une guitoune glacée. 07h30 nous sommes à l’hôtel, nous jouerons aux dés jusqu’à 10h30, heure à laquelle la chambre se libère. Nous passons à Alaya, bureau des guides pour un briefing matériel pour mes trois jours de montagne entre le 08 et le 10 août. Sieste, achats et promenades.

06/08/2005

Route puis piste pour la plus haute station de ski au monde, Chacaltaya à 5300 mètres d’altitude.



Plusieurs raisons pour cette excursion : tout d’abord par curiosité, ensuite pour les paysages qui surplombent l’altiplano, enfin pour me permettre de m’acclimater pour les jours suivants et de permettre à Anne Gaëlle de passer la barre symbolique des 5000 mètres.  Le minibus nous dépose à 5300 m, il faut une heure de marche pour accéder au sommet des pistes à 5440 m.  La station est rudimentaire, pas ou peu de neige, et un vieux câble obsolète qui fait office de remonte-pente. 

 
Nous partons, Anne Gaëlle prend peur et rebrousse chemin, sensation inconnue et effrayante pour mon petit cœur… Je sens mon cœur qui s’emballe, le souffle abdique, je suis bien en altitude, je ressens avec plaisir ce que le manque d’oxygène impose aux organismes. Je monte rapidement, du sommet, je peux observer à loisir la face du Huyana Potosi que je tenterai de gravir deux jours plus tard. Les vues sont panoramiques, La Paz et sa pollution, l’altiplano et la Cordillère Royale… Je la rejoins. Nous buvons un maté de coca, et redescendons sur La Paz.

07/08/2005

Promenades et repos, nous profitons de la dernière journée ensemble avant mon départ en montagne.

08/08/2005

09h20, le guide arrive vient me chercher, un gros baiser à ma femme et nous partons. « ne t’inquiète pas avant 20h00, le 10 août » 300 mètres de marche arrière sur la voie rapide, apparemment, il y a quelques problèmes de logistique… Je monte dans un autre 4x4, je rencontre deux français. L’un vient du Pérou à vélo, l’autre est depuis neuf mois en Amérique du Sud.   Nous arrivons vers 11h30, le Huyana Potosi s’impose à nous.
Je pense que nous allons manger un petit quelque chose… et non, je m’équipe et nous partons à 12h00 pour le sommet du Charquini ( 5350 m).  Le Charquini est une petite montagne, son intérêt est limité, le sommet est peu esthétique et peu technique, mais son ascension me permettra de parfaire mon acclimatation. Le sentier longe un précipice impressionnant puis nous gagnons le glacier. Le temps est instable, les sommets couverts, quelques flocons tombent. Vers 5100 m, je commence à souffrir, le sommet est atteint à 15h15. Le Huyana Potosi est dans les nuages,  j’espère que cela ne durera pas…


Nous redescendons, je suis mort de faim, j’ai dans le ventre les deux malheureuses tartines avalées à 08h30 ce matin !  Dans la descente, nous discutons avec Rodolphio, il ne manque pas d’humour, nous lions sympathie. Nous parvenons au refuge quasiment vide ( 4650 m ), je rencontre deux français, nous dînons puis je vais me coucher. Mon cœur me manque terriblement, première aspirine.

09/08/2005

Après une bonne nuit de dix heures, nous partons vers le camp 2, à 5250 m.


Rodolphio m’avait annoncé trois heures de marche, en deux heures nous y sommes. Je rencontre trois français croisés la veille. Le camp 2 est un amas de tentes, posées à même les rochers au pied du glacier.
Je domine toute la vallée de cette terrasse en plein ciel.



Je retrouve également les deux français rencontrés dans le 4x4 la veille, ils sont allés au sommet. Dîner à 16h30.  Je me sens bien, chaque geste trop brutal m’affecte, mais tout cela est normal. Je n’ai pas de mal de crâne, mes idées sont plutôt claires, tout cela est de bonne augure pour demain.  J’aime se sentiment : je suis avec ma petite tente, planté à 5250 m, je ne suis pas seul mais l’ambiance haute montagne me touche profondément.  Je me couche vers 18h00, étant persuadé de pouvoir trouver le sommeil. Dans la tente des français, j’entends des fous rires incontrôlables, ceux que nous avions également avec Gatien lorsque l’altitude et le manque d’oxygène réduisent les capacités mentales. Du coup, je me prends à rire tout seul…  J’écoute le vent, je pense à ma petite femme, mais je ne trouve pas le sommeil…

10/08/2005

Je m’assoupis vingt minutes, je me réveille, il est 00h23, mon réveil sonne dans sept minutes…Il fait –5°c dans la tente.  Dehors, le vent est fort, très fort même…  01h00, Je bois un thé glacé dans un univers glacial, l’obscurité est  totale, la température n’excède pas –20°c. 01h20,nous partons. Nous marchons vite, très vite, nous distançons les quelques lampes frontales qui s’étalent sur l’itinéraire. Seul un espagnol et son guide nous accompagnent. Nous parvenons assez vite au Campo Argentino ( 5450 m ), nous distinguons tout au loin la nuée que forme les lumières de El Alto quelques 1500 mètres plus bas. 5500, 5600, 5700, les sensations sont bonnes, nous passons quelques crevasses  que nous ne voyons qu’à peine, nous enjambons  ces précipices de glaces qui pour certains s’évanouissent à plus de vingt mètres dans les profondeurs du glacier.  Un passage vertical, la traversée d’un plateau glaciaire, bientôt 5800 mètres, mes forces me  quittent, elles abdiquent.  Je marche  machinalement, ne sachant pas si je pourrais atteindre la consécration. Je suis épuisé, je paie sévèrement mon manque de préparation et de condition physique.  5900 m, je m’arrête tous les vingt mètres. Une cordée nous dépasse à vive allure,je reste planté, essayant de happer au passage, les moindres molécules d’oxygène. Nous abordons enfin la dernière difficulté, je doute encore de mes aptitudes physiques à atteindre le sommet. La dernière partie est constituée par une paroi de 45° en moyenne, mais composée de pénitents, ces colonnes de glace formées par le vent, si caractéristiques des montagnes d’Amérique du sud. Ainsi, il  faut louvoyer, se faufiler, se frayer un passage, il faut également assurer ses ancrages, planter son piolet dans une glace friable, tout cela avec des passages qui parfois sont  proches de la verticale. Je suis exténué, je fais une pause tous les dix mètres.  Enfin, à 06h40, l’obscurité totale, laisse sa place à une fine ligne orange à l’horizon, le lever de soleil accompagne les derniers mètres de mon calvaire.



Il reste dix mètres, je sais désormais  que je foulerai le sommet…
06h50, je suis au sommet du Huyana Potosi à 6088 mètres d’altitude, il fait –20°c, nous avons mis 05h30, laissant derrière nous bon nombre de cordées. Je suis très fatigué, affecté même, mais très heureux de fouler mon quatrième 6000…



Les perspectives sont infinies, l’altiplano, El Alto, le Lac Titicaca… Je pense à ma puce que je vais retrouver dans quelques heures. L’horizon nous offre l’ombre la montagne, elle se dessine, grossit et s’évanouit en quelques instants.
L’instant est fort mais il se doit d’être court. Le froid mordant et le manque d’oxygène nous obligent à redescendre. Déjà d’autres alpinistes nous rejoignent, nous nous congratulons mutuellement, échanges brefs mais sincères.
Nous redescendons , découvrons au fur et à mesure, l’ampleur des espaces traversés dans l’obscurité.



Un milieu moins hostile se découvre, je devine La Paz, la bas, au fond, c’est encore très loin…
09h30, nous sommes au camp, je mange un peu, cela fait quinze heures que je n’ai rien avalé, je m’hydrate. Rodolphio me demande si je veux dormir. Non, je suis pressé de redescendre. 12h00, nous sommes au refuge, à 14h00, je suis à La Paz, mon cœur m’aperçoit du balcon de la chambre, c’est un réel moment de bonheur.  Je me douche, je mange, je dévore.  Curieusement, je ne suis pas trop fatigué.  Nous dînons dans un bon restaurant, je m’endors très vite.

11/08/2005

Le plaisir de rentrer est en demi-teinte, nous aimerions rester quelques semaines, quelques mois de plus ; découvrir l’Argentine, le Brésil… Nous passons la journée à nous promener, à flâner, à utiliser à plein régime nos cinq sens, conscients que tout cela va nous manquer.
Petit passage à Varig pour confirmer, quelques photos puis nous changeons d’hôtel pour la dernière nuit, ils n’avaient pas enregistré notre confirmation.  Nous passons dans le marché de la sorcellerie, des fœtus de lamas gisent sur les tables, côtoyant toutes sortes d’herbes, des bestioles en tous genres et les denrées alimentaires de base…


Nous faisons les sacs et nous nous endormons, conscient de passer nos ultimes instants en Amérique du sud.

12/08/2005

Nous prenons le taxi à 10h00, déjeunons à l’aéroport.
La grande baie vitrée, nous autorise un dernier coup d’œil sur El Alto et sur le sommet du Huyana Potosi, nous sommes heureux, nous sommes tristes…Nous savons également que les prochaines heures risquent d’être longues. Nous embarquons pour Santa Cruz, le décollage est impressionnant. En effet, l’oxygène et rare et l’avion à besoin de cinq kilomètres pour décoller et il peine à prendre de l’altitude, rasant pendant de longues minutes les maisons délabrées de El Alto. Nous approchons à quelques dizaines de mètres du sommet de l’Illimani ( 6400 m ), à tel point que nous y distinguons la trace des alpinistes. Curieuse sensation d’approcher avec un Boeing 737, des espaces réservés aux alpinistes. Courte escale à Santa Cruz, envol pour Sao Paolo. Courte escale à Sao Paolo, envol pour Paris.

13/08/2005

Il est 14h00, heure française, à peine 08h00, pour notre horloge biologique bolivienne, nous passons au dessus de l’Ile de Noirmoutier, où nous nous rendons trois jours plus tard. Je pense à ma famille que je vais y retrouver. 15h00, Roissy Charles De Gaulle, nous y sommes, Laurent et Damien sont là, nous, certainement encore là bas…

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